‹ Chansons de Gaultier Garguille [pseud]Chapitre 56 sur 137 · La Comédie des chansons, 1640, in-n, t. 2, p · texte numérisé non relu

La Comédie des chansons, 1640, in-n, t. 2, p

2. La Clé des Chansonniers, Paris, 1717, ia*i2, t. i^ p. 102.

c La Farcs et la Chanson

firent 9 comme lui encore, imprimer les chansons qu'ils avoient mises à la mode. Thômassin , par exemple, en a publié vingt, assez jolies et même assez décentes , à la fin de son recueil de Regrets facétieux ; Bruscambille en a donné cinq dans une édition de ses Discours y Paradoxes, Discours facétieux I; et enfin Pon connoit un très-rare petit volume de 1 6 pages, dont le titre mérite que je le transcrive ici tout entier : Chansons piastres des Comédiens y recueillies par l'an (Peux y et ndses au jour en fayeur des enfms de la bande jojeuse, pour leur servir de remède contre les tristes dttz me^ lancholicomarboaffiator'y à Paris, chez Cuillot" Gorjuy aux Halles, orèi le Font Alais, à lUnseigne des TroiS'AmySy i6j7, ïn-i2.

Les Halles , ancien quartier général des £/z« fans sans soucyf Voilà donc quel est encore, avec le Pont-Neuf et l'hôtel de Bourgogne , le foyer de la chanson. Un farceur qui se permit de chanter, après Gaultier Garguille, sur la scène qu'il avoit illustrée, venoit de là. Comme l'acteur qui avoit longtemps joué le rôle de Perrine, pour donner la réplique à notre Caultier dans quelques-unes des scènes de ménage et de querelle dont vous trouverez plus loin le modèle*, celui dont nous parlons s'habilloit en femme. A cause de l'ampleur de ses contours, promesse énorme de fécondité, il se faisoit appeler dame Gigogne. Selon Dassoucy, le chaos , en couche du monde, n'étoit pas plus mal fagotté^ Ce comédien androgyne, ou quelqu'autre qui prit

i. Paris, David Gilles, i6i9,m- 12.

2. Voy. plus bas, p. 119. Vay. amsi Variitis historiques et littir., t. 4, p. 229.

}. VOvide en bel humeur, 1664, in-12, p. 5-6.

AU Théâtre avant 1660. cj

son nom et accapara son types figura donc, comme je l'ai dit , à l'hôtel de Bourgo^e , et , de même que Gaultier, il se mit à débiter tout un répertoire de chansons. C'est encore Das* soucy qui nous l'apprend, mais lui seul; ce qui prouveroit que chansons et chanteurs n'eurent ps grand succès. Voulez-vous , dit l'Orphée ou l'Apollon de VOvide ta belU humeur ^,

Voulez-vous ouïr quelque stancef Arrêtez seulement icy :

J'en ay du baron de Plancy, De feu Marotet de Cicogne, J'en ay de madame Gigogne, Etc

Le succès en ce genre fut pour Gaultier Garquille , et c'est à cela qu'il doit de renaître aujourd'hui. Sa chanson fit époque; elle fut l'un des traits saillans d'un règne qui vit en même temps fleurir la société des Précieuses, et qui, je ne sais comment, trouva moyen d'accommoder ensemble tout cela. Ne fût-ce donc que comme curieux contraste, elle méritoit d'être ramassée dans le coin un peu fangeui^ où elle s'étoit per* due , et l'on nous pardonnera, je crois, d'en avoir pris la peine.

Par malheur, Gaultier Garguille ne sera plus là pour faire passer le petit recueil, d'un débit si coulant à son époque, mais si difficile aujourd'huii.

1. voy., pour de plqs longs déuiU, Ch, Magnln, Mist, des marionnettes , p* 1 31-132.

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