AU THÉÂTRE AVANT 1660» CV
dit bien i>9$ i personne ne résistoit 4 l'envie d'entendre Gaultier Garmlle. Soyez donc sûrs que ces jeunejs gens de Ta noblesse qui étoient assis tout à l'heure « aux deux eûtes du théâtre, sur des chaises de paille « », n'ont point quitté leur place, ou que, s'ils en sont descendus, c'est afin de se mêler à la valetaille du parterre et de pouvoir ainsi rire plus à l'aise* Je ne sms trop même si au fond oe quelque loge ^Uée, car il en existoit déjà ^, vous ne surprendnez pas plus d'une belle dame qui > en écoutant ces franches grivoiseries, sans apprêt, mais non sans épices, se délasse du jargon. qui naguêres lui a tout affadi le cœur et l'esprit dans quelques-unes de ces ruelles de Pricuiises dont la célébrité commence.
Nos bouffons et leurs farces, Gaultier-Garguille et ses chansons , se trouvent être alors comme une sorte d'opposition permanente de la vieille gaieté françoise contre le faux goût prétentieux et lourd qui envahit le théâtre avec les tragi-comédies, et le monde avec les Précieuses. Eux partis, plus de contrepoids; adieu le rire, vive la grimace ! Le champ est libre aux sima** grées. Pour en finir avec elles, il faudra que nous attendions Molière,
Celui qui auroit surtout fait tache aux abords de ce monde, si impatient de se dégager de la franchise des anciennes mœurs et de l'ancien esprit, pour prendre des habitudes de politesse prétentieuse, le farceur, dont à quelque temps ae là le moindre mot eût été une effroyable dissonnance