I . Ce couplet manque dans le Nouveau Parnasse des Muta
DE Gaultier Garguille. 47
Si tost qu'il vient quelqu'un chez moy
Il entre en frénésie; Il eramaigrit de jour en jour
De cette maladie.
N'est-ce pas bien pour en mourir Que d'avoir un jaloux mary ?
Mon père m'a donné mary », Un faux vieillard tout racourcy, Tant j'estois innocente , Qui n'avoit point, qui n'avoit point De bonne avoyne à vendre.
I. On feroit un gros recueil de toutes les chansons du ^enre de celle-ci. C'est à croire que chaque mariage d'une jeune fille avec un vieil homme en faisoit composer une nouvelle. Il semble que c'étoit le châtiment de ces unions mal assorties, comme les bruyans charivaris étoient U punition des veuves qui se remanoient. Dans le VI h nçueil de P. Atteignant, i $ jo Je trouve déjà une de ces chansons :
n est jour, dit Tallouette,
Sur bout, sur bout.
Allons jouer sur Therbette.
Mon père m'a mariée A up vieillard jaloux , Le plus let de cette ville , Le plus mal gratioux, Qui ne sait , qui ne veut , qui ne veut
Faire la chosette.
Voire dà, voire dà, voire dà,
Qui est si doulcette.
Dans le recueil réimprimé en i8}8, pour Siivcstre, 5'«isïïpeat plusieurs belles chansons, ttc.^ j'en trouve une autre :
Lasse I je suis mal mariée , Et j'ai bel amy par amour.
Un faux vieillard tout racourcy.
La nuict que couchay avec luy ,
Après ma longue attente, Il me jura qu'il n'avoit point
De bonne avoine à vendre.
Panni les chansons citées dans les Propos rustiques de Noël de Pan, édit. Guichard, p. 41 , il en est une de ce genre, indiquée ainsi : Hélas! mon père m'a mariée. Ce n'est pas tout : au nembre des messes composées en 1503. sur des thèmes d'airs i>opulaires, comme c'étoit Tusage, il s'en trouve une du musicien Compère, ainsi indiquée : Mon père m'a doné mari. (Ottaviano Petrucci dei Fossombrone, etc. Wîen, 184$, in-è, p. 39.) Dans la Comédie des chansons, p. 164, je trouve encore ce débris :
Mon père m'a mariée à un vieillard bonhomme.
Dans la troisième partie du Roman comique (ch. 8), ce couplet :
Mon père m'a donné mari , Qu'est-ce que d'un homme si petit, etc.,
et enfin, de nos jours encore, la chanson Mon père m'a 4onné un mari, dont l'air, qui se trouve sous le n* 1462 de la Clé du caveau^ a servi à Béranger pour ses Bohémiens. De toutes ces chansons, l'une des plus charmantes est celle en dialecte angoumois, qui a été retrouvée dernièrement, et que nous empruntons a M. Champfleury, qui l'a publiée dans son volume le Réalisme, p. 196-197 :