I . Une chanson du xvi* siècle commence à peu près ainsi
Le berser et la bergère Sont & rombre d'unouisson, Et sont si près l'un de l'autre, Qu'à grana' peine la voitH)tt...
Ces quatre vers sont cités dans la quatre-vingt-domdème des Nouvelles de Des Periers, et la chanson tout entière se trouve dans la Fleur des chansons amoureuses, léoo, in-ia, p. 1 58-160, et dans la Fleur des plus belles chansons, 1614, m-i2, p. 188.
DE Gaultier Garguille. 6i
Cela me fit cognoistre Quel estoit leur dessein.
Ma foy, je les veis bien, Mais je n'en diray rien.
Je ne scay que j'ay au cœur ; Toute la nuict je souspire, Je sens une vive ardeur Qui sans cesse me martyre.
Une bergère d'icy Est cause de mon soucy.
Le jour je suis tourmenté De la rigueur de ma peine , Sans cesse je suis tenté Par une force humaine.
La bergère que je voy Est cause de mon esmoy.
Je pleure, estant à part moy, La rigueur de ma tristesse, Et faudra , comme je croy, Que je meure de détresse.
Une bergère d'honneur Est cause de ma douleur.
Mon mal est si gracieux Que bien content je Tendure , Et si doux me sont ses yeux Que j'en ayme la blessure.
La bergère de beauté Cause ma calamité.
'ay veu Guillot en chemise (bis) Contre un chesne bien à point ,
Et Margot près luy assise
Qui racoutroit son pourpoint.
Je ne veux plus aller (}u'à Tamble,
Car le trot ne me plaist point.
Je veis sortir une vesse (Ws)
D'un trou qui estoit mal joint.
Je ne veux plus aller (ju'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Guillot en eust la fiimée (bis)
Par la manche de son pourpoint.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble »
Car le trot ne me plaist point.
Je voulus voir la cheminée (bis)
D'où sortoit le vent si à point.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble.
Car le trot ne me plaist point.
La cheminée a deux trous. (bis)
Guillot au plus long se joint.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
Çà, dit-il , que je ramonne , (bis)
Que le feu n'y prenne point.
Je ne veux plus aller qu'à l'amble, Car le trot ne me plaist point.
ous avions une grande servante Que Tifaine l'on appeloit; Je me jouay tant avec elle Qu'un gros garçon nous avons fait.
Vous serez mariée, Tifaine, M'en deust-il couster mon bonnet.
Je me jouay tant avec elle Qu'un gros garçon nous avons fait.
Quand elle se sentit enceinte, La pauvre sotte, elle pleuroit.
Vous serez mariée , Tifaine, M'en deust-il couster mon bonnet.
Quand elle se sentît enceinte, La pauvre sotte, elle pleuroit.
A la fin je Vsy mariée A un gros pitaux de valet.
Vous serez mariée, Tifaine , M'en deust-il couster mon bonnet.
A la fin je l'ay mariée A un gros pitaux de valet.
Quand Tifaine fut à la nopce , De malheur elle fit un pet.
Vous serez mariée, Tifaine , M'en deust-il couster mon bonnet.
Quand Tifaine fut à la nopce, De malheur elle fit un pet, Et son serviteur la regarde , Qui dit que plus il n'en vouloit < .
Vous serez mariée, Tiphaine, M'en deust-il couster mon bonnet.
I. Un acddent du même genre eut lieu réellement à quelques années de là dans le Dauphiné, et fut un grand bonheur pour celle à qui il arriva. «Claudine Mignot, dit M. ChivapoYiionrFigtic {Nouvelles recherches sur le patois, etc., 1809. in-i2, p. 87-88), appelée dans son village la Lhania^ fille d'une herbière de Baschet, prés de Meslav, à une lieue de Grenoble, fiit, encore trés-jeune, le sujet des empressemens du secrétaire de M. d'Amblérieuz, trésorier de la province de Dauphiné. Le jour fixé pour les fiançailles, étant prés de son amant, elle laissa échapper un de ces vents qui choquent en même temps le nez, l'oreille et la bienséance. Le secrétaire, offensé, se retira, et le mariage fiit rompu.» Claudine Mignot n'y perdit rien, comme vous allez voir. Son aventure, qui, de toute façon, devoit faire du bruit, attira sur elle les regards, d'abord curieux, puis bientdt amoureux, de M. d'Amblérieux lui-même; il l'épousa, et mourut bientôt en lui laissant toute sa fortune par un testament que sa famille se hâta d'attaquer. La jeune veuve vint solliciter à Paris. Elle plut au vieux maréchal de l'Hospital, et devint sa femme. Le tout se fit dans la même semaine : le maréchal avoit soixante-quinze ans, il étoit pressé. Quoiqu'il n'ait pas mis tout à fait autant de hâte à mourir, u ne tarda guère pourtant. Deux ans après Cl. Mignot étoit veuve de nouveau. A quelques années de là, elle eut occasion de connottrele roi de Pologne Casimir II; il s'éprit d'elle aussi impétueusement que le maréchal, et, bien au'il se fût fait cardinal après avoir cessé d'être roi, il l'épousa secrètement. Et toute cette fortune de Claudine Mignot venoit de ce que vous savez.
Vous autres qui n'avez pas Au menton oarbe assez forte, Venez et n'espargnez pas Le trop qu'à mon cul je porte; Bien qu'il sente l'ambre gris , Je vous en feray bon prix.
L'un après l'autre venez
Y apporter vostre nez.
S'il y a quelqu'un aussi Qui ait besoin de lunettes.
Je luy en réserve icy^ Une paire de bien faittes.
Qu'il vienne les essayer, Quitte pour n'en rien payer.
Dîm après l'autre venez
Y apporter vostre nez.
Si les dames de la cour Veulent armer leur visage Contre la chaleur du jour , J'ay un masque à leur usage, Doublé de poil de Ponant, Fin et de bonne senteur.
Pour voir si je suis menteur L'une après l'autre venez
Y apporter vostre nez.
Gaultier Garguille.
En m'en allant au moulin (bis)
Avec le berger Colin , (bis)
Je rencontray sur l'herbette , Tic 'tic ticque, la la la, Je rencontray sur l'herbette Perrette et le gros Cola.
Caché proche d'un buisson Je re^ardois leur façon :
Ils faisoient par amourettes Tic tic ticque , la la la , Ils faisoient par amourettes Ce qu'on appelle cela.
Que j'estime bien heureux Ce beau couple d'amoureux ^ Qui font quand ils ont envie Tic tic ticque, la la la, Qui font quand ils ont envie Ce qu'on appelle cela !
Ma cruelle ne veut pas ^ue je gouste tant a'appas.
Si tost que je luy veux faire Tic tic ticque , la la la , Si tost que je luy veux faire , Elle dit : Laissez cela.
DE Gaultier Garguille. 6j
L'autre jour revenant Tout lassé de ma vigne , - Rencontray Margoton A l'ombre d'une espine.
Tu ne sçais pas, Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Rencontray Margoton A l'ombre d'une espine ; Aussitost je me mis Dessus ma bonne mine.
Tu ne sçais pas , Pierrot , J'ay baisé ma voisine.
Aussitost je me mis Dessus ma bonne mine ; Je l'aborde en baisant Sa bouche coraline.
Tu ne sçais pas , Pierrot , J'ay baisé ma voisine.
Je l'aborde en baisant Sa bouche coraline.
O Dieu! combien de fleurs CueilliS'je soubs l'espine !
Tu ne sçais pas. Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Dieu ! combien de fleurs Cueillis-je soubs l'espine ! , Viendras-tu pas, dit-elle , Demain revoir ta vigne ?
6S Chansons
Ta ne sçais pas. Pierrot, J'ay baisé ma voisine.
Viendras-tu pas, dit-eUe, Demain revoir ta vigne P Non, ce luy dis-je alors, J'ay trop mal à l'eschine.
Tu ne sçais pas , Pierrot , J'ay baisé ma voisine.
Basdane est bien malade ; On ne scait ce qu'il luy faut.
On va chez le médecin, Qui n'estoit qu'un g^os lourdaut.
Allez l'amble, Bastiane, Vous allez trop rude au trot > .
On va chez le médecin ,
Qui n'estoit qu'un gros lourdaut.
Le médecin la visite
Depuis le bas jusqu'en haut.
Allez l'amble, Bastiane,
Vous allez trop rude au trot.
Le mededn la visite Depuis le bas jusqu'en haut ; Mais le pauvre médecin N'avoit pas ce qu'il luy faut.
Allez l'amble , Bastiane , Vous allez trop rude au trot.