Signacle, dérivé de signe, — signe de crois
3. 11 faut se souvenir que Charlemagne, cette nuit-là, n'avait pas quitté ses armes.
te
En Roncevaux le roi Charle est entré :
Des morts qu’il trouve il commence à pleurer. Dit aus Français : « Seigneurs, au pas allez ; Car il me faut moi-même m'avancer,
Pour mon neveu que je voudrais trouver.
À Aix j'étais, à fête solennelle :
Là se vantèerent mes vaillants bacheliers
De grands batailles, de forts combats en champ; J'ouïs Roland hautement déclarer
Qu'il ne mourrait en pays étranger
Sans qu'il ne fût en avant de ses pairs;
Vers le pays‘ aurait le chef tourné,
En conquérant finirait le baron. »
Plus ? qu'on ne peut un bâtonnet jeter,
Devant les autres est sur un puy monté à.
Quand l'empereur va quérir son neveu, Tant d'herbes a trouvé et tant de fleurs,
Qui sont vermeilles du sang de nos barons, Pitié en a, ne se tient d'en pleurer.
Dessous deus arbres parvenu est amont; Les coups du preus connut sur trois rochers.
. Le pays élranger.
. C'est-à-dire : « Plus loin que... »
. C'est Charlemagne qui est le sujet de est.
Sur l'herbe verte voir gésir son neveu ;
N'est pas merveille si Charle a grand douleur. Descent à pied, allé y est courant,
Il prent le comte, entre ses mains le presse, Sur lui se pâme, tant il est angoisseus.
L'empereur Charles de pâämoison revint.
Naimes le duc et le comte Acelin, Geoffroi d'Anjou et son frère Thierry, Prennent le roi, le dressent sous un pin.
Regarde à terre, voit son neveu gésir; Tant doucement à regretter le prit! :
« Ami Roland, de toi ait Dieu merci!
Onques nul homme tel chevalier ne vit, Pour grands batailles engager et gagner. La mienne honneur ? est tournée en déclin! »
Charles se pâme, ne s’en put retenir.
CCXXX VII
Charles le roi revint de pâmoison ;
Par mains le tiennent quatre de ses barons.
Regarde à terre, voit gésir son neveu :
Corps a gaillard, perdue a sa couleur, Tournés ses yeus, moult lui sont ténébreus.
Charles le plaint par fui et par amour :
1. C'est-à-dire : « se prit à le regretter. » 2. Honneur était féminin dans l'ancienne langue.
« Ami Roland, Dieu mette en fleurs ton âme, En paradis, entre les glorieus!
Pour ton malheur en Espagne tu vins!
Ne sera jour, où ta perte ne pleure !.
Bien vont tomber et ma force et ma joie!
Je n'aurai plus qui garde mon honneur; Sous ciel ne pense avoir ami un seul.
Si j'ai parents, n'y en a nul si preus. »
Ses cheveus tire à pleines ses deus mains, Sur lui se pâme tant il est angoisseus.
Cent mille Francs en ont si grand douleur, N'y a celui qui durement ne pleure.