‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 20 sur 334 · On a vu dans les « tables » le jeu de fric-trac · texte numérisé non relu

On a vu dans les « tables » le jeu de fric-trac

Le glorieus que devons adorer!

Ceci vous mande roi Marsile le preus :

H s'est enquis de la loi de salut.

De son avoir vous veut beaucoup donner, Ours et lions, lévriers enchaïînés,

Sept cents chameaus et mille autours mués, D'or et d'argent quatre cents muls chargés, Cinquante chars que charrier ferez.

Tant y aura de besants épurés,

Dont bien pourrez vos soudoyés payer.

En ce pays avez été assez;

En France, à Aix, bien retourner devez :

Là vous suivra, mon seigneur le promet.

Il recevra la loi que vous tenez;

Jointes ses mains sera votre vassal,

De vous tiendra Espagne le pays. »

L'empereur Charles en tent ses mains vers Dieu ; Baisse la tête et commence à penser.

L'empereur Charles tint la tête inclinée :

De sa parole il ne fut point hâtif,

Sa coutume est de parler à loisir.

Quand se redresse, moult eut fier le visage ; Dit aus païens : « Vous avez moult bien dit.

Le roi Marsile est moult mon ennemi.

De ces paroles que vous avez ci dit

En quel mesure en pourrai être sûr ?

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