‹ Chansons de geste. Roland. Aimeri de Narbonne. Le couronnement de Louis. Traduction de Léon ClédatChapitre 61 sur 334 · De Valence · texte numérisé non relu

De Valence

Clair fut le jour, et beau fut le soleil ;

Ïls n'ont armure qui toute ne flamboie.

Mil clairons sonnent pour que plus beau ce soit. Grand fut le bruit, l'entendirent Français.

Dit Olivier : « Mon compagnon, je crois,

De Sarrasins pourrons bataille avoir. »

Répont Roland : « Que Dieu la nous octroie !

Bien devons ci tenir pour notre roi;

Pour son seigneur doit-on souffrir détresse, Et endurer et grands chauds et grands froids, Et doit-on perdre et du cuir et du poil.

Que chacun songe à donner de grands coups, Que contre nous chanson faite n’en soit !

Païens ont tort et chrétiens ont droit; Mauvais exemple point ne viendra de moi. »

Olivier monte dessur un puy très haut, Regarde à droite parmi un val herbeus,

Et voit venir cette païenne gent;

En appela Roland son compagnon :

« Devers Espagne vois! venir masse brune, Tant de hauberts, tant de heaumes luisants !

À nos Français causeront grand fureur.

La trahison a faite Ganelon,

Qui nous nomma? devant Charles le roi.

Je vois.

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