‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 108 sur 249 · LES PLAINTES DE GLYCÈRE · texte numérisé non relu

LES PLAINTES DE GLYCÈRE

Glycère était auprès d'Horace, Auprès d'Horace qui rêvait ; En yain elle épiait la trace Du songe qui le poursuivait. •

Longtemps , aux genoux du pocte , Les yeux levés elle resta ; Puis , timide et baissant la tête , Elle prit sa lyre et chanta :

ft tforace , tu m'avais choisie

Pour mettre mon nom dans tes vers ,

Et ta divine poésie

M'a fait connaître à l'univers.

Mais j'ai de ton àme inquiète Sondé les replis ténébreux :

L'amour ne t'a pas fait poète; La muse t'a fait amoureux.

C'est elle seule qui t'inspire Les vers écrits en mon honneur ; Quand mon nom frémit sur ta lyre , Le sien palpite dans ton cœur.

Tu bUimes mon indifférence , Et tes yeux s'éloignent de moi , Tu chantes les maux de l'absence, Quand je suis seule auprès de toi.

Et si je te disais : « Horace,

» Jette les vers que tu m'as faits ,

» Et prends mon amour en leur place , »

Horace, tu refuserais.

Poète , tu places la gloire Au-dessus de tes amitiés, Et tu n'as pas gardé mémoire Que je meurs d'amour à tes pieds. »

Pendant la triste mélodie, Horace était resté, distrait :

Il faisait des vers à Lydie , Tandis que Glycère pleurait.

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