CHANSON NAPOLITAINE
Du temps de nos amours.
Ma toute belle , Vous entendiez toujours
Ma ritournelle.
Je comptais vos trésors
Et VOS merveilles ; Vous vous bouchiez alors
Les deux oreilles.
Je vous disais ceci, Ceci ; cela , mille autres choses ;
Je vous parlais aussi Des lis, des myrtes et des roses.
De vos jardins fleuris Fermez les portes :
Les myrtes sont flétris , Les roses mortes.
L'amour m'a consolé ,
Non pas le vôtre ; Pour un cœur envolé ,
J'en trouve un autre.
Les jours suivent les soirs ,
En ce bas monde; Vos cheveux sont trop noirs ;
J'aime une blonde.
C'est ici, près de vous, Que j'ai trouvé l'art de lui plaire;
Ses yeux bleus sont plus doux Que votre œil noir n'était sévère.
Voyez comme sa main
Presse la mienne...
Passez votre chemin ;
Dieu vous soutienne !
Elle me plaît ainsi ,
Ne vous déplaise.
En prenez- vous soud?
J'en suis fort aise.
Eh quoi ! vous douteriez
De ma parole ?
Je crois que vous riez?
Vous êtes folle.
De votre grand pouvoir Vous connaissez mal la mesure ;
Vous allez la savoir, Et, s'il faut qu'ici je le jure, Je jure devant vous.
Devant Dieu même...
Je jure à vos genoux
Que je vous aime.