‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 157 sur 249 · LORSQUE J'AIMAIS · texte numérisé non relu

LORSQUE J'AIMAIS

Lorsque j'aimais, lorsque j*aimciis. . .

O le bon temps, 6 la jeunesse, Vous qui ne reviendrez jamais , Vous fuyez de quelle vitesse !

Ai-je bien employé ces jours Si regrettés et si rapides?

Non ; quelque amertume toujours Arrive à nos lèvres avides.

Nous avons besoin de souffrir Les maux que chaque jour apporte , Et nous ne savons pas ouvrir Quand le bonheur frappe à la porte.

Le bonheur, espoir des humains.

Si fragile et si dérisoire , Que, le tenant dans les deux mains, Nous ne pouvons encore y croire.

Mais je n'ai jamais regretté Mes angoisses ni mes alarmes.

Et pour ma première gaité Je n'aurais pas donné mes larmes.

Ceux-là seuls peuvent être heureux (Et ceux-là ne sont pas des nôtres) Qui trouvent leur plaisir en eux Et ne souffrent pas dans les autres.

Dans le livre , bientôt fermé , Où nous écrivons notre histoire, Le temps où nous avons aimé Laissera seul une mémoire.

Dirai-je que ce temps a fui?

Non; le jour succède à l'aurore.

C'était hier, c'est aujourd'hui , Et ce sera demain encore ;

Car l'amour vrai n'est destiné Qu'à ceux qui peuvent le comprendre , Et quand le cœur s'est bien donné, Il ne saurait plus se reprendre ?

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