‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 178 sur 249 · LES BOSSES DE GROS-JEAN · texte numérisé non relu

LES BOSSES DE GROS-JEAN

Gros-Jean est venu sur son âne , Ce matin , me montrer son crâne :

— J'ai là , dit-il , de tous côtés , Des bosses ; vous qui savez lire , Tâtez-les et me racontez

Ce que cela veut dire.

— Quoi ! Gros-^Tean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci ?

Entre les mains je prends su tête, Et du premier coup je m'arrête :

— Gros- Jean , voici la vanité :

Cette bosse; palpez vous-même.

— Oui , monsieur, c'est la vérité , Je m'admire et je m'aime.

— Quoi ! Grossi ean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci ?

Voici l'amour de la fortune :

Cette bosse est assez commune ;

Mais pour vous, paysans sensés, C'est le vin, la viande et la miche.

— Non pas ; on n'a jamais assez Tant qu'un autre est plus riche.

— Quoi ! GrosJean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci?

Tenez , en voici bien d'une autre :

L'ambition!... Quelle est la vôtre? D'avoir le foin dans vos greniers Et la paix dans votre ménage ?

— Mais non : je serais volontiers Maire de mon village.

— Quoi ! Gros-Jean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci ?

Voici le jeu, l'amour... la gloire!

Oh ! maintenant je puis tout croire !

On n'en saurait jamais finir, Si l'on voulait compter la somme De soucis que peut contenir La cervelle d'un homme !

— Quoi ! Gros-Jean , vous aussi , Vous avez donc plus d'un souci?

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