HOMMAGE A ROSSINI
Il est né dans notre patrie (Nous sommes tous de Pesaro) Un enfant que la loterie A pourvu d'un bon numéro.
Son premier cri fut un dièze ; La note n'était pas mauvaise :
L'oiseau préludait dans son nid.
Cet oiseau sera Rossim.
On sait d'une façon très-claire Que, grâces à l'an bissextil, Son dix-huitième anniversaire Vient de sonner. Ainsi soit-il ! .
Jl doit avoir eu pour nourrice Quelque divine cantatrice Par qui son berceau fiit béni.
Cet enfant devint Rossini.
Il eut pour compag[non d'enfance Un voisin de terre et de ciel, Un peintre de quelque espérance Que l'on appelait Raphaël.
Bien que distants de plusieurs lustres , Tous les deux sont assez illustres :
Le premier est dans l'infini , Le second a nom Rossim.
A six ans, il a fait Armide, La Gazza ladra, le Barbier; A sept ans, la Semiramide, Toujours le vingt-neuf février.
Deux ans après , avec la France Il sijjne un traité d*alliance ; Vous savez ce qu*il a fourni...
Ce jeune homme a nom Rossn».
Alors il trouve que nous sommes Trop exigeants pour les enfants.
Il a fait assez pour les hommes ; Il se repose... il a neuf ans.
Il se met un doigt sur la bouche ; Tout à coup le soleil se couche Avant que le jour soit fini.
Ce soleil a nom Rossini.
Il ne faudrait poiuiant pas croire Qu'on fût satisfait en tout lieu De voir toujours la même gloire Aller toujours au même dieu.
Les esprits forts , hommes et femmes , Hasardaient quelques épigrammes Sur le signor Vacarmini.
Ce... signor était Bossini.
Et maintenant le jeune artiste Vit en France au milieu de nous. Simple inunortel et pianiste , Aflable et fin y caustique et doux.
Quand chez lui le monde s'égare , Dans sa chambre il fume un cigare
G 11 A IN SOIS s. 419
Ou compose un macaroni.
Ce gourmand a nom BossiNi.
Le temps s'enfuît, le siècle marche; Plus d'un monument s'est usé.
Il a coulé tant d'eau sous l'arche, Qu'à la fin le pont s'est brisé.
Nous sommes partis ; bon voyage !
Les hommes passent d'âge en âge ; Un seul de nous a rajeuni :
Celui-là sera RossiNi.