ADIEU
Adieu , ma belle enfant !
J'ai secoué ma chaîne.
Ma pitié vous défend , Et je n'ai plus de Raine.
Mon cœur vous oubliera ; Mais pour vous , ma petite , Il vous en souviendra ,
Larira !
De l'ami qui vous quitte.
Adieu; je trouverai,
Dans ma course en ce monde,
Plus d'un œil azuré ,
Plus d'une tresse blonde.
Un autre vous dira
Que vous êtes jolie...
Il vous en souviendra,
Larira , De ma longue folie.
Adieu; dans le grand bois Allez , ô ma petite !
Effeuiller sous vos doigts La blanche marguerite :
C'est là que l'on verra Combien les fleurs sont frandies, Il vous en souviendra ,
Larira , Des marguerites blanches !
Adieu; je porte au doigt Votre bague menteuse.
Jetez la mienne , soit :
Vous en seriez honteuse.
Mais quand pour vous luira Le jour de l'hyménée , Il vous en souviendra ,
Larira , De la bague donnée.
Adieu , sous les tilleuls Vous passerez encore;
Là y nous demeurions seuls , Inquiets de l'aurore.
Un jour ma main serra La vôtre, et vous, troublée...
Il vous en souviendra ,
Larira , Des tilleuls de l'allée.
Adieu, riez toujours.
Chantez votre allégresse; Marchez sur mes beaux jours Et sur votre jeunesse ; Le ciel vous sourira, La fortune vous berce.
Il vous en souviendra ,
Larira , Des laiTnes que je verse.