‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 228 sur 249 · LE COUSIN CHARLES · texte numérisé non relu

LE COUSIN CHARLES

Tu viens du pays , cousin Gharle :

Quelles nouvelles? Parle, parle.

— J'ai vu ta mère , elle m'a dît :

a Embrasse bien notre petit.

Pour lui j'ai brûlé plus d'un cierge.

Les soldats n'ont pas assez peur.

Dis-lui qu'il mette sur son cœur Cette médaille de la Vierge. »

— Merci, cousin Charles, merci.

Va , mon métier n'est pas le pire ; Le soldat n'a pas un souci.

A ceux qui m'aiment tu peux dire Que je les aime aussi.

Cousin Charle, as-tu vu mon père?

Toujours bon ouvrier, j'espère ?

— Il m'a dit : « Mon petit Chariot, Puisque tu dois le voir bientôt , J'ai quelque chose à te remettre :

Écrire n'est pas mon état ;

Mais je l'ai fait pour le soldat :

Tu lui porteras cette lettre.

— Merci, cousin Charles, merci.

Va , mon métier n'est pas le pire ; Le soldat n'a pas un souci.

A ceux qui m'aiment tu peux dire Que je les aime aussi.

As-tu VU ma sœur Marguerite ?

Je la quittai toute petite.

— Elle entre dans ses dix-huit ans ; Elle est belle comme un printemps...

Lorsque j'allais franchir la porte, Sans que personne pût la voir,

Klln a serré dans mon mouchoir Ce louis d'or que je t'apporte.

— Merci, cousin Charles, merci.

Ya, mon métier n'est pas le pire; Le soldat n'a pas un souci.

A ceux qui m'aiment tu peux dire Que je les aime aussi.

Est-ce tout, petit cousin Charle?

Personne d'autre?... Parle, parle.

— J'ai vu cousines et cousins.

Les camarades , les voisins ;

Tous ils m'ont dit, comme on suppose : « S'il ne nous a pas oubliés , Faites-lui bien nos amitiés. »

Mais je ne vois pas autre chose.

— Merci, cousin Charles, merci.

Va, mon métier n'est pas le pire; Le soldat n'a pas un souci.

A ceux qui m'aiment tu peux dire Que je les aime aussi.

Adieu , cousin , et bon voyage !

Ne quitte jamais le village.

— Qu'as-tu , mon ami ? Tu riais , Et tu pleures ! . . • Ah ! j'oubliais

Cette bague que j*â vais mise A mon doigt, pour te la donner.

C'est.., tu ne pourrais deviner.

Tu sais bien, la petite Élise...

— Merci, cousin Charles, merci !

Va, mon métier n'est pas le pire; Le soldat n'a pas un souci.

A ceux qui m'aiment tu peux dire Que je les aime aussi.

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