LA BRANCHE-MÈRE
Cet arbre, frappé du tonnerre.
Avait encore, l'an dernier, Une branche , la branche mère , Qui couronnait son front altier.
Elle était la moitié du chêne ; Les rameaux éclos alentour L'appelaient mère, ou bien marraine « Fils ou filleuls de son amour.
Une nuit d'automne, la foudre A touché le vieux chêne au cœur.
La branche 5*est réduite en poudre , Elle est morte en pleine vigueur.
Longtemps a saigné la blessure Dont l'hiver a séché les pleurs.
Une large et noire fissure Marque la place des douleurs.
Pour réparer cette lacune, La nature a fait maints efforts :
Dix branches poussent au lieu d'une ; Les vivants remplacent les morts.
Nalure, vous aurez beau faire, Bourgeons , vous avez beau pousser :
Il manque ici la branche mère.
Que rien ne saurait remplacer.