‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 233 sur 249 · LA BRANCHE-MÈRE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE-MÈRE

Cet arbre, frappé du tonnerre.

Avait encore, l'an dernier, Une branche , la branche mère , Qui couronnait son front altier.

Elle était la moitié du chêne ; Les rameaux éclos alentour L'appelaient mère, ou bien marraine « Fils ou filleuls de son amour.

Une nuit d'automne, la foudre A touché le vieux chêne au cœur.

La branche 5*est réduite en poudre , Elle est morte en pleine vigueur.

Longtemps a saigné la blessure Dont l'hiver a séché les pleurs.

Une large et noire fissure Marque la place des douleurs.

Pour réparer cette lacune, La nature a fait maints efforts :

Dix branches poussent au lieu d'une ; Les vivants remplacent les morts.

Nalure, vous aurez beau faire, Bourgeons , vous avez beau pousser :

Il manque ici la branche mère.

Que rien ne saurait remplacer.

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