POUVÂKT SERVIR A PLUS D'UN CANDIDAT
Mes chers concitoyens , j'aspire A rhonneur de représenter L'arrondissement de l'Empire Que j'ai le bonheur d'habiter.
Vous me connaissez , je l'espère :
Étant de mil huit cent vingt-six , Pour les jeunes je suis un père , Pour les anciens je suis un fils.
Je ne ferai pas les promesses Dont abuse tel candidat, Qui ne fait*valoir ses richesses Que pour leur devoir son mandat.
J'ai sur lui ce grand avantage Que vos intérêts sont les miens :
Les connaissant , je les partage ; Les partageant y je les soutiens.
Vos pavés i vos canaux , vos routes , Auront droit à mes premiers soins ; Vos doctrines , je les ai toutes , Je sais par cœur tous vos besoins.
Je respecte la loi française Qui fait envie à l'étranger; Mais , si vous la trouvez mauvaise , Je suis tout prêt à la changer.
Je veux , pour sortir de la crise , Trouver ce qu'on a tant cherché :
La hausse de la marchandise Avec la vie à bon marché ;
Je veux les libertés entières Avec un gouvernement fort, L'élargissement des frontières, Sans guerre et d'un commun accord ;
L'instruction obligatoire, Sans contraindre qui que ce soit; Je veux la paix avec la gloire, Et le sabre à côté du droit;
L'agriculture, l'industrie,
Les foins , les lins , les vins , les blés ,
Et la grandeur de la patrie...
Je veux tout ce que vous voulez.
Faut-il maintenant que je dise Mes principes les plus secrets?
Dût-on accuser ma franchise , Je suis un homme de progrès.
De progrès, Messieurs, c'est-à-dire, D'amour, de lumière et de foi.
Si ce nide aveu peut me nuire , Qu'au moins les bons votent pour moi !
Si j'en connaissais un plus juste Qui se présentât aujourd'hui , A l'instar de Philippe Auguste , Je m'effacerais devant lui.
D'après cela, n'est-il pas juste Que tous mes concurrents, en chœur, A l'instar de Philippe Auguste , Se désistent en ma faveur ?
Un mot, un seul mot pour la femme.
Dont les droits ne sont pas écrits; Ils sont écrits dans mon programme A l'égal de ceux des maris.
J'attends avec quelque espérance Vos vœux librement exprimés.
Puisque vous avez l'assurance Qu'en me nommant vous vous nommez.