‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 26 sur 249 · AU COIN DU FEU · texte numérisé non relu

AU COIN DU FEU

Déjà rhiver rappelle Nos députés errants, Et la troupe nouvelle Des écoliers bruyants , Les beautés voyageuses Et les chastes baigneuses

Au coin du feu ,

Causons un peu.

Causons de toute chose , De nos anciens amis.

D'arts, de vers et de prose, Et de plaisirs permis; Des beaux jours de la vie , Et de philosophie. . . .

Au coin du feu ,

Causons un peu.

Tenons-nous sur nos gardes :

Pas d'avocats taquins , Pas de femmes bavardes , De vieux républicains !

Braillards de toute sorte ,

Battez-vous à la porte ! . . .

Au coin du feu , Causons un peu.

Lâchons nos épigrammes , Sans crier sur les toits ; Des maris et des femmes Causons à demi-voix :

Des absents, des absentes, De nos gloires récentes

Au coin du feu,

Causons un peu.

Dans son erreur profonde , Si quelque esprit malsain Veut réformer le monde Qui fuit son médecin , Dans son docte système Qu'il s'embrouille lui-même....

Au coin du feu.

Causons un peu.

Des hommes de génie Qu'on siffle injustement, Soulageons l'agonie Par quelque mot clément; Sans trop de médisance , De leur impertinence ,

Au coin du feu ,

Causons un peu.

Si cela nous ennuie , Revenons aux vivants,

Et causons de la pluie , Des brouillards et des vents ; De rhiver monotone , Et des feuilles d'automne

Au coin du feu ,

Causons un peu.

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