‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 25 sur 249 · URSULE · texte numérisé non relu

URSULE

Dans ma chambre solitaire ,

J'étais, ce matin.

Dormant comme un prolétaire ,

Quand un beau lutin , De mon étroite cellule ,

Brisa les verrous; J'ai rêvé de vous, Ursule,

J'ai rêvé de vous.

Il avait votre visage ,

Mais plus indulgent; Il avait votre corsage ,

Mais plus engageant; Il avait Tair plus crédule ,

Et les yeux plus doux. . . .

J'ai rêvé de vous, Ursule,

J'ai rêvé de vous.

Votre pudeur alarmée

Cachait son beau corps ; Sa robe , trop tôt fermée ,

Couvrait vos trésors ; Mais sa robe était de tulle ,

Si bien qu'au-dessous....

J'ai rêvé de vous, Ursule,

J'ai rêvé de vous.

Il s'approcha de ma couche ,

Mais si près , si près , Que vos lèvres à ma bouche

Disaient leurs secrets ; Puis , oubliant tout scrupule ,

J'en rougis pour nous....

J'ai rêvé de vous, Ursule,

J'ai rêvé de vous.

Mais je m'éveillai , ma chère , Au plus doux moment ;

Et quand j'ouvris la paupière, Â moitié dormant,

Dans mon amour ridicule ,

GHANSOrVS. 63

Sens dessus dessous ,

Je révais encore, Ursule,

Je révais de vous ! . . .

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