URSULE
Dans ma chambre solitaire ,
J'étais, ce matin.
Dormant comme un prolétaire ,
Quand un beau lutin , De mon étroite cellule ,
Brisa les verrous; J'ai rêvé de vous, Ursule,
J'ai rêvé de vous.
Il avait votre visage ,
Mais plus indulgent; Il avait votre corsage ,
Mais plus engageant; Il avait Tair plus crédule ,
Et les yeux plus doux. . . .
J'ai rêvé de vous, Ursule,
J'ai rêvé de vous.
Votre pudeur alarmée
Cachait son beau corps ; Sa robe , trop tôt fermée ,
Couvrait vos trésors ; Mais sa robe était de tulle ,
Si bien qu'au-dessous....
J'ai rêvé de vous, Ursule,
J'ai rêvé de vous.
Il s'approcha de ma couche ,
Mais si près , si près , Que vos lèvres à ma bouche
Disaient leurs secrets ; Puis , oubliant tout scrupule ,
J'en rougis pour nous....
J'ai rêvé de vous, Ursule,
J'ai rêvé de vous.
Mais je m'éveillai , ma chère , Au plus doux moment ;
Et quand j'ouvris la paupière, Â moitié dormant,
Dans mon amour ridicule ,
GHANSOrVS. 63
Sens dessus dessous ,
Je révais encore, Ursule,
Je révais de vous ! . . .