‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 4 sur 249 · VIEILLE HISTOIRE · texte numérisé non relu

VIEILLE HISTOIRE

Mes enfants , au coin du feu

Quand chacun de nous se presse,

Laissez-moi penser un peu

Au vieux temps de ma jeunesse ;

Laissez-moi rêver toujours

Au souvenir séculaire

Qui berça mes premiers jours....

— Vieille histoire, ma grand'mère.

Si vous saviez, mes enfants, Comme alors nous étions belles, Avec nos flots de rubans.

Avec nos fines dentelles !

C'était le temps des amours; Les hommes cherchaient à plaire ; Les femmes plaisaient toujours....

— Vieille histoire, ma grand'mère.

Loin de nos salons , alors ,

On laissait la politique ;

Point de pianos discords , Et point de thé britannique ; Mais un compliment bien dit , Une épigpramme légère ,

De la gprâce et de l'esprit

— Vieille histoire, ma grand'mèrc.

Alors nous avions , enfants ,

Des écrivains de génie ;

Ils étaient beaucoup plus grands ,

Avec plus de modestie ;

Ils avaient moins de procès;

Ils apprenaient la grammaire;

Ils écrivaient en français

— Vieille histoire, ma grand'mère.

Mes enfents , si vous saviez !

Nous avions toutes les gloires : Les poétiques lauriers Et la palme des victoires.

Tout s'inclinait devant nous , Et les peuples de la terre Nous admiraient à genoux....

— Vieille histoire, ma grand'mère.

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