‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 3 sur 249 · LES INDULGENCES · texte numérisé non relu

LES INDULGENCES

Sandale au pied , bâton en main ,

Un jeune clerc allait à Rome ;

Il rencontre sur son chemin

Un moine qui lui dit : « Jeune homme,

De Saint-Pierre et du Vatican

Vous verrez les magnificences?

— Non , je suis fils de paysan , J'y vais chercher des indulgences.

— Ho ! ho ! l'ami , nous avons donc De gros péchés à reconnaître?

— Non ; je vais demander pardon Pour ceux que je pourrai commettre.

— Mon fils, c'est prudent, en effet ; Mais chacun a ses échéances :

Moi, j'attends que le mal soit fait Pour demander des indulgences. »

Les auteurs me semblent souvent Suivre l'exemple du bon moine.

D'abord , ils jettent à tout vent Leur esprit et leur patrimoine :

Puis en termes doux et léchés , Au lecteur ils font des avances ; On commence par les péchés, On finit par les indulgences.

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