‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 47 sur 249 · LES ECUS · texte numérisé non relu

LES ECUS

Ma femme, le mariage N'est pas tout amusement ; Il faut rég[ler son ménage Et s'amuser sagement.

Vois-tu bien, ma bonne amie, Il faut de l'économie :

Dépensons peu ; mais surtout , Tachons d'amasser beaucoup.

Un mendiant. {Parlé.) Monsieur, la charité,' s'il vous plaît. — Laissez -moi, mon ami, je n'ai pas de monnaie.

— Mon ami , prenez-y garde , C'est vous que cela regarde.

— Ma femme, tu me comprends.

Les écus font des enfants.

Certes nous avons d'avance De quoi vivre , et même plus ; Ce n'est rien, si l'on ne pense A bien placer ses écus.

Tout ce que l'argent peut rendre , Il faut savoir le lui prendre ; L'eau va toujours à la mer, Et l'argent coûte si cher !

Monsieur, etc.

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde.

— Ma femme , tu me comprends , Les écus font des enfants.

De vingt mille francs de rente , Que Ton fait fructifier, On peut bien en tirer trente, Au moins, sans faire crier.

Avec dix, ou douze, ou treize.

Nous vivrons fort à notre aise ; Tout le surplus de nos frais Produira des intérêts.

Monsieur, etc.

— Mon ami, prenez-y garde.

C'est vous que cela regarde.

— Ma femme , tu me comprends , Les écus font des enfants.

Avec la chance commune , Seulement, vois, dans vingt ans, Quelle superbe fortune Pour établir nos enfants ,

Doux gages de notre flamme

Nous en aurons deux , ma femme ; Nos calculs seraient perdus , S'il en venait un de plus.

Monsieur, etc.

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde.

CHANSONS. lor

— Ma femme , tu me comprends , Les écus font des enfants.

De ce que le ciel nous donne

Jouissons honnêtement ;

Ainsi , sans nuire à personne ,

Nous vivrons en nous aimant.

La plus maligne satire

Sur nous n'aura rien à dire ;

Et, quant à faire du bien,

C'est bon pour ceux qui n'ont rien

Monsieur, etc.

— Mon ami, prenez-y garde.

C'est vous que cela regarde.

— Ma femme , tu me comprends , Les ëcus font des enfants.

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