‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 58 sur 249 · PERRETTE ET LE SORCIER · texte numérisé non relu

PERRETTE ET LE SORCIER

Simples atours et robe blanche , Gente tournure et frais minois , Perrette, une main sur la hanche, Perrette, un jour, allait au bois.

Seize ans au plus étaient son âge ; Sur son chemin elle chantait Une chanson de son village , Et vers le bois toujours marchait.

ties roses sont ouvertes ; Mes enfants, écoutez ma voix :

Quand les feuilles sont vertes, Il ne faut pas aller au bois.

Perrette se perdit en route :

Dans le bois il faisait si noir !

Perrette regarde; elle écoute, Sans rien entendre et sans rien voir Soudain , au milieu du silence , Paraît l'ombre du braconnier; Sur la pauvre fille il s'élance , Car c'était un méchant sorcier.

Les roses sont ouvertes ; Mes enfants, écoulez ma voix :

Quand les feuilles sont vertes , Il ne faut pas aller au bois.

Le lendemain revint Perrette ; Mais on ne la reconnut pas :

De la jeune fille coquette L'âge avait alourdi les pas.

Son front, hélas ! avait des rides ; Sa tête avait des cheveux blancs ; Les bras tendus, les yeux humides, Perrette chantait aux passants :

Les roses sont ouvertes; Mes enfants, écoutez ma voix :

Quand les feuilles sont vertes , Il ne faut pas aller au bois.

Voilà le récit qu'au viHage On faisait au coin du foyer; Et tous les enfants, d'âge en âge.

Croyaient Perrelie et le Soi^cicr, Mais aujourdhui, les jeunes filles.

Sitôt que revient le printemps, S'en vont courir sous les charmilles.

Et n'écoulent jdus leurs parents.

Les roses sont ouvertes ; Mes enfants , écoutez ma voix :

Quand les feuilles sont vertes,.

Il ne faut pas aller au bcis.

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