QUITTE A QUITTE
Gomme tu me trouvais belle , Quand nous n*étions pas amis!
Ingérât! tu m'avais promis De m'étre toujours fidèle.
— Oui , c'est vrai , ma foi , Palmyre, je le confesse.
Mais m'avais-tu dit, à moi, Que tu me trompais, traîtresse?
Nous sommes quittes, voilà : Quittons-nous et touchons là.
— Je n'avais que ma coifïure; Tu devais , dans les huit jours , Sous un chapeau de velours Abriter ma chevelure.
— Oui , c'est vrai , ma foi , Palmyre, je le confesse.
Mais m'avais-tu dit, à moi, Qu'elle était fausse , traîtresse ?
Nous sommes quittes , voilà :
Quittons-nous et touchons là.
— Tu disais : Qu'un mois se passe , Un seul , et , le mois d'après ,
Tu contempleras tes traits Devant une armoire à glace.
— Oui , c'est vrai , ma foi , Palniyre, je le confesse.
Mais m'avais-tu dit, à moi, Qu'ils étaient fardés, traîtresse?
Nous sommes quittes , voilà :
QuittODS-nous et touchons là.
— Tu me disais : Ma Palmyre , (Juand il fera froid dehors , Nous caclierons ces trésors Sous un schall de cachemire.
— Oui , c'est vrai , ma foi , Palmyre, je le confesse.
Mais m'avais-tu dit , à moi , Qu'ils étaient d'emprunt, traîtresse?
Nous sommes quittes , voilà :
Quittons-nous et touchons là.
— Adieu donc. Je te renie.
Qui l'eût pu penser jamais , Qu'un jour tu me quitterais Pour cette sotte Eugénie?
— Oui , c'est vrai , ma foi , Madame, je le confesse.
Mais m'aviez-vous dit, à moi, Qu'Arthur vous plaisait, traîtresse?
Nous sommes quittes , voilà :
Quittons-nous et touchons là.
134 GUSTAVE NADAUFi.