‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 70 sur 249 · LES DIEUX · texte numérisé non relu

LES DIEUX

Les dieux s'en vont, disent les sages La raison a tu^ la foi.

Sur un océan plein d'orages, Plutôt que de voguer sans loi , Rendez-nous la mythologie Avec ses dieux grands et petits ; Faites-nous croire à la magie :

Tous les dieux ne sont pas partis.

Quelle est cette blonde déesse Qu'un temple ne peut contenir? Inclinez-vous : c'est la jeunesse Qui s'élance vers l'avenir.

Elle a l'audace ; elle veut croire A tous les nobles appétits, A l'amour et même à la gloire :

Tous les dieux ne sont pas partis.

Auprès d'elle est la folle fille Qui d'un banquet fait son autel ;

GHANSOISS. 159

Ses yeux sont un flambeau qui brille, Sa voix est un rire éternel.

Elle chante toutes les causes, Elle boit à tous les partis; C'est la gaîté semant des roses :

•Tous les dieux ne sont pas partis.

Avec plus d'art et de mystère, Un dieu gouverne tous nos sens :

L'amour, aussi vieux que la terre ^ Aussi jeune que le printemps.

Par ses tourments ou par ses charmes Il tient nos cœurs assujettis , Plein de plaisirs et plein de larmes : Tous les dieux ne sont pas partis.

Et toi , qui des seules injures Veux toujours prendre la moitié , Baume de toutes les blessures.

Salut à toi , sainte amitié !

Malheureux qui nîrait l'empire Des liens qu'il n'a pas sentis !

Plus malheureux qui les déchire!...

Tous les dieux ne sont pas partis.

Mais non : ces dieux imaginaires Ne sont que les rayons du jour.

Un seul maître verse à nos sphères Le soleil , la vie et l'amom*.

Pour les grands il fit la clémence , Le courage pour les petits; A tous il donne l'espérance : Tous les dieux ne sont pas partis.

iC)0 GrSTAVE NADAUD.

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