‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 72 sur 249 · CHUT · texte numérisé non relu

CHUT

Grand-papa , vous êtes sévère ; Un seul mot vous met en courroux :

Il faudrait, pour vous satisfaire, Avoir soixante ans comme vous.

Pourtant, si nous devons en croire Ce qu'on nous dit de votre histoire

— Chut! mes enfants, parlez plus bas :

Cela ne vous regarde pas.

— Lorsque vous lisiez sans lunettes , Lorsque vous marchiez sans bâton, Vous ne traitiez pas de sornettes Tout ce que vous faisiez, dit-on.

Même , à ce que prétend çrand'mère , Vous étiez un joyeux compère....

— Chut! mes enfants, parlez plus bas : Cela ne vous regarde pas.

— Allons , vous pouvez nous le dire :

Vous étiez grand, mince et châtain; Vous conviendrez que, sous l'Empire, Vous fûtes un peu libertin.

On conte plus d'une aventure; Même notre voisine assure....

— Chut! mes enfants, parlez plus bas : Cela ne vous regarde pas.

Hé ! faudrait-il donc qu'à votre âge On n'eût pas été jeune aussi !

Certe on s'amusait... davantage...

Mais plus décemment. Dieu merci.

Et puis les femmes et les filles, De mon temps , étaient si gentilles ! . . .

— Chut! grand-papa, parlez plus bas Ceci ne nous regarde pas.

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