‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 79 sur 249 · LA SOLUTION · texte numérisé non relu

LA SOLUTION

On nous promet des merveilles :

Nous interrogeons les cieux ; Nous ouvrons les deux oreilles , Nous écarquillons les yeux.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Par les passions contraires Les hommes sont désunis, Et nous avons tant de frères, Que nous n'avons jîlus d'amis.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Chaque cause a son apôtre; L'un prétend que Dieu le veut :

Dieu ne le veut pas , dit l'autre ; Entendez-vous, s'il se peut.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Mon portier, tous les dimanches, Est rouge comme le feu; Mes blanchisseuses sont blanches , Mon marchand de vin est bleu.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Sous avons quelqu'un là-haiit

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Un malade se lamente.

Il appelle un mëdecin ;

Il en vient sept cent cinquante

De la Garonne au Bas-Rhin.

Bon , bon ! reni]>lis mon verre , Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

L'un l'attaque par derrière , Avec des moyens nouveaux.

H lui faut du riz , dit Pierre ; Paul ordonne des pruneaux.

Bon , bon ! Remplis mon verre ^ Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Il n'est plus temps que l'on rie :

Armons-nous et combattons; Il faut sauver la patrie ; Nous sommes bourgeois.... votons!

CHAÎNSOINS. 175

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

La patience a ses bornes ; Voisin, il faut en finir; Nous allons montrer les cornes; Qu'on sache à quoi s'en tenir.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Prenons de sacrés emblèmes Pour effrayer les poltrons :

Faisons-nous peur à nous-mêmes, Quand nous nous regarderons.

Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire.

Et qui fera ce qu'il faut.

Nous voulons un capitaine Digne de pareils soldats :

Nommons tous Groquemitaine , Pour qu'il ne nous mange pas.

Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

Que chacun à nu se montre :

Mes amis, dépouillons-nous; Êtes-vous pour, ou bien contre?

Sacrebleu ! prononcez-vous !

Bcm , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il* faut.

La nature est immortelle ; Il est encor de beaux jours; Ma maîtresse est toujours belle , Mes amis m'aiment toujours.

Bon ! bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

LE PHALANSTERE.

Tu veux , mon gaillard , Changer la machine ronde,

Et faire , un peu tard , Le bonheur de tout le monde? -

Ah ! tant mieux !

Rendons les hommes heureux , Mon compère;

Rendons les hommes heureux , Et vive ton phalanstère , Mon compère!

Pour guérir nos maux , Voyons, que fais-tu? — Des phrases?

Tu forges des mots , Tu nous ranges dans des cases!

Bien plutôt, Donne-nous la poule au pot,

• Mon compère; Donne-nous la poule au pot, Et vive ton phalanstère , Mon compère!

Du monde surpris Tu rétablis l'équilibre ; Heureux les maris !

La femme redevient libre ! . . . —

C'est un tort :

Rends-la fidèle d'abord ,

Mon compère; Rends-la fidèle d'abord , ' Et^vive ton phalanstère ,

Mon compère !

Sans doute la mer

T'a rendu souvent malade ;

De son flot amer

Tu fais une limonade. —

Sois plus fin :

Change l'Océan en vin ,

Mon compère ,

Change l'Océan en vin ,

Et vive ton phalaastèi^ , Mon compère !'

On me dit tout bas Que , comme faveur dernièiie ,

Tu nous orneras D'un bout de queue au d«*rière —

Mais avant, Embellis-nous par devant ,

Mon compère; Embellis-nous par devant, Et vive ton phalanstère ,

Mon compère !

Tu n'es qu'un savant; Mais je vois tes camarades

Traduire souvent Tes leçons en barricades.... —

Halte là !

On peut s'aimer sans cela,

Mon compère; Va , crois-moi , reston&-en là ; Et laisse ton phalanstère ,

Mon compère.

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