LA SOLUTION
On nous promet des merveilles :
Nous interrogeons les cieux ; Nous ouvrons les deux oreilles , Nous écarquillons les yeux.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Par les passions contraires Les hommes sont désunis, Et nous avons tant de frères, Que nous n'avons jîlus d'amis.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Chaque cause a son apôtre; L'un prétend que Dieu le veut :
Dieu ne le veut pas , dit l'autre ; Entendez-vous, s'il se peut.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Mon portier, tous les dimanches, Est rouge comme le feu; Mes blanchisseuses sont blanches , Mon marchand de vin est bleu.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Sous avons quelqu'un là-haiit
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Un malade se lamente.
Il appelle un mëdecin ;
Il en vient sept cent cinquante
De la Garonne au Bas-Rhin.
Bon , bon ! reni]>lis mon verre , Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
L'un l'attaque par derrière , Avec des moyens nouveaux.
H lui faut du riz , dit Pierre ; Paul ordonne des pruneaux.
Bon , bon ! Remplis mon verre ^ Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Il n'est plus temps que l'on rie :
Armons-nous et combattons; Il faut sauver la patrie ; Nous sommes bourgeois.... votons!
CHAÎNSOINS. 175
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
La patience a ses bornes ; Voisin, il faut en finir; Nous allons montrer les cornes; Qu'on sache à quoi s'en tenir.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.
Prenons de sacrés emblèmes Pour effrayer les poltrons :
Faisons-nous peur à nous-mêmes, Quand nous nous regarderons.
Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire.
Et qui fera ce qu'il faut.
Nous voulons un capitaine Digne de pareils soldats :
Nommons tous Groquemitaine , Pour qu'il ne nous mange pas.
Bon , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.
Que chacun à nu se montre :
Mes amis, dépouillons-nous; Êtes-vous pour, ou bien contre?
Sacrebleu ! prononcez-vous !
Bcm , bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il* faut.
La nature est immortelle ; Il est encor de beaux jours; Ma maîtresse est toujours belle , Mes amis m'aiment toujours.
Bon ! bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut
Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.
LE PHALANSTERE.
Tu veux , mon gaillard , Changer la machine ronde,
Et faire , un peu tard , Le bonheur de tout le monde? -
Ah ! tant mieux !
Rendons les hommes heureux , Mon compère;
Rendons les hommes heureux , Et vive ton phalanstère , Mon compère!
Pour guérir nos maux , Voyons, que fais-tu? — Des phrases?
Tu forges des mots , Tu nous ranges dans des cases!
Bien plutôt, Donne-nous la poule au pot,
• Mon compère; Donne-nous la poule au pot, Et vive ton phalanstère , Mon compère!
Du monde surpris Tu rétablis l'équilibre ; Heureux les maris !
La femme redevient libre ! . . . —
C'est un tort :
Rends-la fidèle d'abord ,
Mon compère; Rends-la fidèle d'abord , ' Et^vive ton phalanstère ,
Mon compère !
Sans doute la mer
T'a rendu souvent malade ;
De son flot amer
Tu fais une limonade. —
Sois plus fin :
Change l'Océan en vin ,
Mon compère ,
Change l'Océan en vin ,
Et vive ton phalaastèi^ , Mon compère !'
On me dit tout bas Que , comme faveur dernièiie ,
Tu nous orneras D'un bout de queue au d«*rière —
Mais avant, Embellis-nous par devant ,
Mon compère; Embellis-nous par devant, Et vive ton phalanstère ,
Mon compère !
Tu n'es qu'un savant; Mais je vois tes camarades
Traduire souvent Tes leçons en barricades.... —
Halte là !
On peut s'aimer sans cela,
Mon compère; Va , crois-moi , reston&-en là ; Et laisse ton phalanstère ,
Mon compère.