‹ Chansons de Gustave NadaudChapitre 91 sur 249 · L'ÉTÉ DE LA SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

L'ÉTÉ DE LA SAINT-MARTIN

Les campagnes sont dépouillées.

Les horizons sont élargis ; Voici la saison des veillées ; Rentrons le bois mort au logis.

Pourtant, le soleil qui nous quitte Semble avoir regret de sa fiiite ; Joyeux , il brille ce matin :

C'est l'été de la Saint-Martin.

Un vieux tilleul du voisinage, Effeuillé déjà dès longtemps.

S'est mis bravement à l'ouvrage , , Croyant au retour du printemps.

L'aimable erreur de la nature D'une renaissante verdure A couronné son front hautain :

C'est l'été de la Saint-Martin.

Déjà , deux fauvettes frileuses , Se souvenant de leurs beaux jours , Et de la saison oublieuses , Ont recommencé leurs amours.

Leur voix chante encore plus douce ; Elles vont becquetant la mousse Pour bâtir un nid incertain :

C'est Tété de la Saint-Martin.

Allons , par les plaines désertes , Près du tilleul qui rajeunit ; Nous verrons, sous les feuilles vertes, Les fauvettes faire leur nid.

Témoins de leurs amours fidèles , Nous ferons un retour , comme elles , Vers un passé déjà lointain :

C'est l'été de la Saint-Martin.

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