L'ÉTÉ DE LA SAINT-MARTIN
Les campagnes sont dépouillées.
Les horizons sont élargis ; Voici la saison des veillées ; Rentrons le bois mort au logis.
Pourtant, le soleil qui nous quitte Semble avoir regret de sa fiiite ; Joyeux , il brille ce matin :
C'est l'été de la Saint-Martin.
Un vieux tilleul du voisinage, Effeuillé déjà dès longtemps.
S'est mis bravement à l'ouvrage , , Croyant au retour du printemps.
L'aimable erreur de la nature D'une renaissante verdure A couronné son front hautain :
C'est l'été de la Saint-Martin.
Déjà , deux fauvettes frileuses , Se souvenant de leurs beaux jours , Et de la saison oublieuses , Ont recommencé leurs amours.
Leur voix chante encore plus douce ; Elles vont becquetant la mousse Pour bâtir un nid incertain :
C'est Tété de la Saint-Martin.
Allons , par les plaines désertes , Près du tilleul qui rajeunit ; Nous verrons, sous les feuilles vertes, Les fauvettes faire leur nid.
Témoins de leurs amours fidèles , Nous ferons un retour , comme elles , Vers un passé déjà lointain :
C'est l'été de la Saint-Martin.