BUFFON II
Air : La Valse Bleue,
Qui qu'a de p'tits cerveaux ?
C'est les fourneaux !
* Extrait de OM, ta Chanson t revue écrite en colUboratlon avec M. Adrien Vély.
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Avec des yeux de veaux?
Cest les fourneaux!
Se croyant du Génie, Ils traversent la vie, £n se trouvant très beaux,
Et très finauds 1
Car les fourneaux Se croient originaux,
Et pas fourneaux !
Ils sont ce qu'on appel- — le Le Suffrage Universel!..,
On en trouve partout, Y'en a pour tons les goûts :
Sénateurs et ministres,
Et cuistres, Préfets, fonctionnaires :
Ils sont, principarment, Dans le Gouvernement
SI
Qiie se doan', librement.
Le peuple V plus fia de la terre.
Aussi les temps nouveaux,
Pour les fourneaux.
Sont les temps les plus beaux !
Car les fourneaux, Étant h plus grand nombre^ Pleins d'une énergi' sombre, Écrasent les cerveaux,
Comm' des brutaux...
Cest qu'les* fourneaux Hn nos temps libéraux,
Cessant d*ètr' fourneaux :
Us sent ce qu'on appel- — le Le Suffrage Universel !.,.
LES SOIREUX Musique nouvelle de Victor Roger,
A Mily Meyer.
Qjaand les soireux vont en soirée,
Ils ont habit, cravate blanche,
La boutonnière décorée ; Ils sont raides : chez eux, tout est droit, rien ne penche I
Dans leurs cerveaux, ils ont» casés,
Pour la circonstance, une masse
De compliments banals, usés.
Qu'ils dis'nt aux dam's, avec un ^ir bète^ et plein d'grâce.
Parlé : Mademoiselle ! une polka?
Une valse ? une mazurka ?
Oh l oh I chaud ici ; chaleur brûlante !
Brr l Brr I Dehors très froid l
Tra la la la 1. Danse entraînante !
Oh ! votre pied écrasé petit cor !... maladroit !... Merci, mademoiselle 1 ... Dansez à ravir !
Merci bien, merci bien, mademoiselle, au plaisir !
Un soireux, deux soireux, trois soireux :
L'un à Taptre ressemble.
Qu'on les voit seuls, ensemble.
On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux l
Parfois les soireux, en soirée, Voulant se montrer sympathiques, Récitent, d'une voix navrée.
Des monologu s idiots, qu ils trouvent drolatiques. Ils font leurs Coquelin Cadet, Clignent des yeux, r muent les mâchoires I
Ils font un effet ! un effet I Âb I mais vrai ! quel effet : tous les gens font des poires i . . .
(Parlé.) MoNOLOGU£.
Le raty le veau et le goiiveau.
Un jour, un jeune veau (C'était un veau nouveau) Rencontra, tout prés d'un caveau, Un rat tenant un godiveau.
£t l'abordant, il lui dit : c< Vo — ulez*vous me dire combien ce godiveau vaut ?
Le rat, rapiat, dit zut 1... et le veau Dut se tuer et s'fair' cuir' pour faire un godiveau l
Voilà!
Un soireux^ deux soireux, trois soireux :
L'un à Tautre ressemble.
Qu'on les voit seuls, ensemble.
On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux!
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Quand les soireux vont en soirée^
Ils arrivent l*estomac vide :
An buffet, en masse serrée, Ils vont s'empififrer de solide et de liquide.
Parfois ils s*en vont, par pudeur.
Inviter une demoiselle.
Lui offrent ce qu'il y*a d*meilleur.....
Mais. . . mangent tous les plats qu'on leur passe pour elle l
Parlé : Une sandwichs? du jambon ?
Une tasse de bouillon ?
Du Champagne ou du Bordeaux?
C'est bon De la salade Russe ?
C'est patriotique I... Âh ! ne fût-^ce Qu'un seul, mangez de ces marrons glacés nouveaux I
Ah !.•. et puis... paidoa^.. j'étoulFei... ah I vrai ! Mangez pas I . . . moi mange tout I . . . avez tort. . . j 'en crèverai I
Un soirenx, deux soireux, trois soireux :
L un à Tautre ressemble.
Qu'on les voit seuls, ensemble, 1 On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux I
Quaud les soireux, sortent d'soirée,
Leur chemise n'est plus très blanche,
Leur boutouaicre s'est fanée, Us s'eôbndrent 1 chez eux, rien ne tient plus : tout penche! - ' Leurs cols sont tout ratatinés,
Leur figure est pâle et défaite ;
Que voulez-vous ? ils sont vannés :
Cn'est pas reconstituant d'passer la nuit en féte !
Parlé : — « Quell'soirée !... c't'cpatant 1
« T'as vu cett' blonde enfant?... »
— a Un peu fade ! ... » — « Et T bouillon ? ... » — a Y*a mieux I » (( T'as vu l'buffet ah! vrai I quels pingres !... »
— (( Et Torchestre!... Quel bastringue !... »
— « duand on reçoit les gens, on s'fend un peu plus qu'eux ! . . • « Cest des pannes î... — a Tiens 1 dis donc, un sapin !
— «J'ai pas le sou!... » — «Moi nonplus!... allons àpied, c'est sair
Un soireux, deux soireux, trois soireux ; L*un à l'autre ressemble. ' Qu'on les voit seuls, ensemble, Ou les r'connait tout d'suit' : voilà les soireux !