‹ Chansons de la BoîteChapitre 13 sur 45 · BUFFON II · texte numérisé non relu

BUFFON II

Air : La Valse Bleue,

Qui qu'a de p'tits cerveaux ?

C'est les fourneaux !

* Extrait de OM, ta Chanson t revue écrite en colUboratlon avec M. Adrien Vély.

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Avec des yeux de veaux?

Cest les fourneaux!

Se croyant du Génie, Ils traversent la vie, £n se trouvant très beaux,

Et très finauds 1

Car les fourneaux Se croient originaux,

Et pas fourneaux !

Ils sont ce qu'on appel- — le Le Suffrage Universel!..,

On en trouve partout, Y'en a pour tons les goûts :

Sénateurs et ministres,

Et cuistres, Préfets, fonctionnaires :

Ils sont, principarment, Dans le Gouvernement

SI

Qiie se doan', librement.

Le peuple V plus fia de la terre.

Aussi les temps nouveaux,

Pour les fourneaux.

Sont les temps les plus beaux !

Car les fourneaux, Étant h plus grand nombre^ Pleins d'une énergi' sombre, Écrasent les cerveaux,

Comm' des brutaux...

Cest qu'les* fourneaux Hn nos temps libéraux,

Cessant d*ètr' fourneaux :

Us sent ce qu'on appel- — le Le Suffrage Universel !.,.

LES SOIREUX Musique nouvelle de Victor Roger,

A Mily Meyer.

Qjaand les soireux vont en soirée,

Ils ont habit, cravate blanche,

La boutonnière décorée ; Ils sont raides : chez eux, tout est droit, rien ne penche I

Dans leurs cerveaux, ils ont» casés,

Pour la circonstance, une masse

De compliments banals, usés.

Qu'ils dis'nt aux dam's, avec un ^ir bète^ et plein d'grâce.

Parlé : Mademoiselle ! une polka?

Une valse ? une mazurka ?

Oh l oh I chaud ici ; chaleur brûlante !

Brr l Brr I Dehors très froid l

Tra la la la 1. Danse entraînante !

Oh ! votre pied écrasé petit cor !... maladroit !... Merci, mademoiselle 1 ... Dansez à ravir !

Merci bien, merci bien, mademoiselle, au plaisir !

Un soireux, deux soireux, trois soireux :

L'un à Taptre ressemble.

Qu'on les voit seuls, ensemble.

On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux l

Parfois les soireux, en soirée, Voulant se montrer sympathiques, Récitent, d'une voix navrée.

Des monologu s idiots, qu ils trouvent drolatiques. Ils font leurs Coquelin Cadet, Clignent des yeux, r muent les mâchoires I

Ils font un effet ! un effet I Âb I mais vrai ! quel effet : tous les gens font des poires i . . .

(Parlé.) MoNOLOGU£.

Le raty le veau et le goiiveau.

Un jour, un jeune veau (C'était un veau nouveau) Rencontra, tout prés d'un caveau, Un rat tenant un godiveau.

£t l'abordant, il lui dit : c< Vo — ulez*vous me dire combien ce godiveau vaut ?

Le rat, rapiat, dit zut 1... et le veau Dut se tuer et s'fair' cuir' pour faire un godiveau l

Voilà!

Un soireux^ deux soireux, trois soireux :

L'un à Tautre ressemble.

Qu'on les voit seuls, ensemble.

On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux!

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Quand les soireux vont en soirée^

Ils arrivent l*estomac vide :

An buffet, en masse serrée, Ils vont s'empififrer de solide et de liquide.

Parfois ils s*en vont, par pudeur.

Inviter une demoiselle.

Lui offrent ce qu'il y*a d*meilleur.....

Mais. . . mangent tous les plats qu'on leur passe pour elle l

Parlé : Une sandwichs? du jambon ?

Une tasse de bouillon ?

Du Champagne ou du Bordeaux?

C'est bon De la salade Russe ?

C'est patriotique I... Âh ! ne fût-^ce Qu'un seul, mangez de ces marrons glacés nouveaux I

Ah !.•. et puis... paidoa^.. j'étoulFei... ah I vrai ! Mangez pas I . . . moi mange tout I . . . avez tort. . . j 'en crèverai I

Un soirenx, deux soireux, trois soireux :

L un à Tautre ressemble.

Qu'on les voit seuls, ensemble, 1 On les reconnaît tout d'suit' : voilà les soireux I

Quaud les soireux, sortent d'soirée,

Leur chemise n'est plus très blanche,

Leur boutouaicre s'est fanée, Us s'eôbndrent 1 chez eux, rien ne tient plus : tout penche! - ' Leurs cols sont tout ratatinés,

Leur figure est pâle et défaite ;

Que voulez-vous ? ils sont vannés :

Cn'est pas reconstituant d'passer la nuit en féte !

Parlé : — « Quell'soirée !... c't'cpatant 1

« T'as vu cett' blonde enfant?... »

— a Un peu fade ! ... » — « Et T bouillon ? ... » — a Y*a mieux I » (( T'as vu l'buffet ah! vrai I quels pingres !... »

— (( Et Torchestre!... Quel bastringue !... »

— « duand on reçoit les gens, on s'fend un peu plus qu'eux ! . . • « Cest des pannes î... — a Tiens 1 dis donc, un sapin !

— «J'ai pas le sou!... » — «Moi nonplus!... allons àpied, c'est sair

Un soireux, deux soireux, trois soireux ; L*un à l'autre ressemble. ' Qu'on les voit seuls, ensemble, Ou les r'connait tout d'suit' : voilà les soireux !

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