DES FRÈRES
ÂiR : La Boiteuse du Régiment,
D'puis qu'les Anglais travers'nt les flots amers, Pour aller s'mettr' cinq cents sur trois Boers, On s'aperçoit bien — faut pas dir' le contraire ! — Q.ue les peupl's entre eux, ils sQnt toujours des frères.
Qui n'rat'nt pas l'occasion De se donner une marqu* d'affection :
Chaqu' fois qu'les Englishe
Ramassant un' gadiche,
Nicolas... rigole,
Guillaum' se gondole,
La rein' Wilhelmine
Chez elle illumine. .
Ii6 Chansons de la Boîte,
Humbert et François N'se tienn'nt pas de joie, La Reine Espagnole Est comm' un' p'tif folle.
Bref ils sont contents Comm' des p'tits enfants, Un' seul' chos' pourrait Les rendr' plus guiU'rets : C'est s'ils apprenaient qu' les Français • Ecop^nt à la plac' des Anglais 1
Dés brav's Boers, ils suivant tous les progrés, Chaqu* jour, avec un plus vif intérêt.
Ils escomp't'nt, déjà, la pii' phénoménale
Qui déterminera la défaite ûnale, £t s'partagent déjà Toutes les nipp's de cett' pauvr' Victoria ^
*■ Encore vivante quand cette chanson fut faite
Guiliaum' prend ses bas»
Humbert son cabas,
La reine Wilhelmine
Son ilâcon de gin,
Le roi de Bavière
Prend sa tabaticre,
Nicolas se fait Avec son corset
Un manteau de cour
Qu*a six métrés d'tour.
Sa ch^mis' fournira
Douze pair*s de draps,
A François-Joseph,
Qu'en a pas bezef.
Bref chacun prendra,
Cqui lui conviendra !...
Il n'y a qu'Delcassé, dans tout ça,
Qiii n'prendra mêni' pas Fachoda 1
il8 Chansons de la Boîte.
Si, cependant, les Anglais sont vainqueurs (( Sursum Corda », alors, plus haut les cœurs l On s'apercevra — faut pas dir' le contraire 1 — Qiae les peupFs entre eux sont d'plus en plus des frères 1
Car, ce jour-là, ce s'ra Un défilé chez... la Rein* Victoria 1
On Tembrassera,
La félicitVa,
La congraturra
Et la léchera :
Y'aura Guillaum' deux,
Y'aora Humbert deux,
Y'aura mêm' François,
Y'aura tom les rois !
£t tous conviendront
Que... les Français sont
Un tas de cochons,
Dont l'Exposition
Doit étr' désertée
Oigitized
Et boycottée...
AlorSy ûérement, Notr' gouvernement F'ra tout c'qu'il pourra Pour... arranger ça :
Les dessinateurs Qu'ont fait des horreurs Sur Victoria, On les coffrera.
Tous les chansonniers Qu'auront, sans s' méfier, Blagué Victoria, On les cof&era 1 Tous les journalistes Qji'ont traité dTumiste La rein' Victoria, On les cofirera 1 Bref quand, en prison, Tous les Français s Vont...
Alors Chamberlain
Serrera la main
D'un air empressé
A m'sieur Delcassé :
Et Ton verra bien qu'les Français Sont les frères du peuple Anglais 1
M. KRUGER A UÉLYSÉE
Le Tompier de service {couplet du Cinématographe).
A rambassadeur d'Angleterre, Ayant demandé la permission, Notre honorable ministère A Krùger, fit un' réception.
Donc rOncle Paul, à l'Elysée, Fut reçu — oh! très simplement — ' Et, quand il y fit son entrée.
Il s'écria, plein d'épat'ment, Voyant Loubet le Magnifique :
Comm' je suis granJ, comme il est p'tit Le prépré — le zizi — le pré- J bis.
Le Président d' la République.
Oigitized
Air : Cest un oiseau qui vient de France.
MaiSy dit Kruger, ça ne £dt rien I...
La taill' d'un homm* c'est peu de chose.
Loubet doit être un homm' de bien, Sûrement, il épous'ra ma cause 1 J'ai reçu de tous les Français, Depuis Tarrivée à Marseille, Une ovation sans pareille :
Ça doit fair' plaisir aux Anglais I Mon cœur renaît à Tespérance :
C'est la ûn des sanglants combats, On va se reposer là-bas.
Les Anglais ne nous auront pas :
Et nous le devrons i b France 1...
Air : La Mascotte {Un jour^ un brave capitaine).
En eâet, Loubet, irùs amène, Lui dit : « Je vais m'occuper d'vous :
« Y'ea a pas treize à la douzaine, « Aussi vaillants que vous, chez nous l « Je trouve que ça vaut quéqu' chose :
« Voilà d'abord... une poignée d'main...
« Et... Tassuranc' que votre cauic « Est la plus bell* du genre humain I...
« Pour vous que puis-je encore faire ?
« Voulez-vous... ma loge aux Français?» — Non, dit Krûger... non, je préfère Qu' vous m'débarrassiez des Anglais !
Ah 1 dit Loubet, quelle aventure 1 Je n'm'y attendais pas du tout !
C'est la seul' chos', je vous assure, Qsxt je n'pourrai pas fair' pour vous I
Car, si Delcassé l'apprenait.
Sur' ment il m'engueulVait :
Surtout qu'son ami Chamberlain . Y'a promis Tordr' du Bain !
Air : Moi^ ftnen fous!
— « Ah, dit Krùger, quell' déception !
« J 'comptais sur votre intervention I »
Mais Loubet lui dit : « Foi d'Emile î
« J* trouv* que vous vous fait's trop de bile !
« Parc' que la reine Victoria
« Vient de vous prendre Prêtoria 1...
« Q.ttaad ell' prend quelqu' chose à là France,
« J*n'y' attach' pas tant d'importance
c( Moi, j'm'en fous 1
« Je reste tranquiirmenidans mon trou :
« Ëir nous a pris Fachodal..**
« EU' peut prendre c'qu'ell' voudra
Chansons de la Boiie. 125
<c Moi, j'm'en fous l « Je reste tranquillement dans mon trou :
« Pourvu que j^touche, au bout de l'an, (c Mes p'tits dou2' cent mill' francs.
ÂiR : Ça vous fait quelque chose.
Et Krùger s'en fut tristement,
N'y mettant pas plus d'insistance.
Il se dit : « Ce n'est pas Tmoment
« De demander quelqu' chose à la France l »
Dans la me — nombreuse, ô combien I —
La four criait à perdre haleine :
« Viv' Krûger î »... et Tgrand citoyen
Y gagna toujours... la migraine !
Qr en Franc*, si nous défendons
Tout pleins d*ardeur, les nobles causes,
C'est surtout... avec nos poumons !...
Krûger aim'rait mieux autre chose !