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SI LES JOURNAUX AVAIENT VOULU I

Air : La Garonne.

Si les journaux avaient voulu,

M*as-tu lu ?

Ne pas crier, et mèm^ se taire, Au lieu de nous parler dl' Affaire, On ignorerait p't'ètr' Labori, Waldeck aurait moins d'cheveux gris :

Il n's'rait p^t'êtr* pas au ministère .

Si les journaux avaient voulu,

M'âs-tu lu ?

Nous n'aurions p't'ètr' pas eu TAâaire.

IIO Chansons de la Boite.

Si les journaux avaient voulu,

M*as-tu lu ?

Ne pas s*traiter de saFs crapules, De cochons couverts de pustules.

Bien des gens, qui sont en prison ,

Seraient tranquilles dans leur maison,

En train de remonter leurs pendules,

Si les journaux avaient voulu,

M'as-tu lu ?

Nous serions pVètr' moins ridicules.

Si les journaux avaient voulu,

M'as-tu lu ?

Ce brave Quesnay de Beaur'paire Vêtu de la « rob' de son père »,

S'rait p't'être encore un magistrat, Très capable, on en conviendra, D'embrouiller l'allair' la plus claire.

Si les journaux avaient voulu,

M as-tu lu?

c( Q » s'rait p*t'étre encor dans son r'paire !

Si les journaux avaient voulu,

M'as-tu lu ?

Loubet serait p't'ûtr' populaire.

Un pas, il ne pourrait point Ffaire Sans ètr* couvert d'acclamations.

... Au lieu d'ça on V couvre de gnons^ £t ça fait bien moins son affaire.

Si les journaux avaient voulu, '

M'as-tu lu ?

11 sVait lami d'Arthur Meyer (e) I

Si les journaux avaient voulu,

M as-tu lu ?

La ru' d Chabrol était tranquille, On n'ia bourrait pas d' sergents d' ville :

Y'avait pas huit miir fantassins, Q.U empêchaient monsieur Jul's Guérin De sortir de son domicile, ■ Si les journaux avaient voulu,

M*as-tu lu ?

Un homm' ne sïoutait pas d*cent mille !...

Mais les journaux n'ont pas voulu,

M'as-tu lu ?

Tout ça ne les inquiète guère, Ils parl'nt et parleront dT Affaire*

Ils ea parlront éterneii'ment :

Car ça japport' des abona ments I

— Les abonnements, c'est nécessaire ! —

Non 1 les journaux n'ont pas voulu, .

M'as-tu lu ?

Pour eux ï Affaire, c'est « les ajjaires 1 »

Aussi quand les Français voudront,

Nom de nom l Ne plus se faire autant de bile, Ils n'ont qu'à n'plus lir' — c'est facile I — La pros' de Roch'fort, de Drumont, De Gohier, d'Lacroix Sigismond ; Qu'ils les laiss'nt entre eux s'ûch' des piles l...

Mais les Français ne voudront pas !

Car hélas I

Les Français n'aim'nt pas vivr' tranquilles l...

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