‹ Chansons de la BoîteChapitre 38 sur 45 · M. LOUBET A TOULON · texte numérisé non relu

M. LOUBET A TOULON

Air : C'est un oiseau ^ui vient de France.

Sur le quai d' Marseille, un matin, M'sieur Flaissiéres, l'œil en coulisse, Regardait passer chaque train (Il n'a pourtant rien d'un' génisse).

Bientôt ua wagon, brillamment Pavoisé, entre dans la gare; Mais à Tarrêt — chose très rare — Aucun voyageur ne descend,

Flaissicre, au milieu du silence,

Dit : « Ce train, qui n* débarque rien,

« Contient pourtant quelqu'un de bien

<x (Et c* n'est pas de la crott* de chien 1)

<c Cest comm' qui dirait le Roi d' France!...

« Si je n'avais eu rhabil'té

(( De fair' la Grève de Marseille,

(( 11 descendrait en notr' cité,

(( Qui f rait un' fête sans pareille 1

(( Mais voilà c' qui s'rait embêtant :

(( C'est que, dans l'antique Phocée,

« J'eusse interdit V cri ; « Viv' l'Arnice l

« Pour plaire à mon copain MllFrand !

« Et tout Tmond^ sait la préférence « Que Loubet a pour le soldat, (c II Taime autant que son papa, « Que sa mére et que le nougat :

« C*est le premier soldat de France ! »

Chansons de la Boile.

« A Marseille on aurait crié it C'est certain : « Vive la Russie ! »

<c Et Loubet ne s*est dérangé «. Qu' pour crier : « Vive Titane! »

« Paraît qu* les Italiens, maintenant, « Trouvant la France tout à fait chouette...

« ...C n'est pas qu'ils ont besoin d'galette!... . a Non I ... ils Tador'nt éperdûment. . .

^ Cependant si notre finance . « Vient chez eux... ils TainiVont aussi!... « Et Loubet aura réussi « A nous faire un nouvel ami :

• • • c( C'est r premier diplomate d' France 1 »

Puis Flaissiéress'en retourna/

Songeant à sa prochaine grève.

Le train partit, et s'arrêta

A Toulon où, comme en un rêve.

Monsieur Loubet, sans trop rougir,

Embrassa fort le duc de Gênes^

Et spirituel lui dit : (c Ugéne

ce Où y'a du Gênes y^a du plaisir !.«• »

Les cœurs palpitaient d'espérance...

Quand quelqu'un prit Loubet à part, £t lui dit : « Paraît que le Czar <( Vous envoie du monde aussi, car (( C'est le premier ami d' la France i.., »

— « C'est bien, dit Loubet, à c quelqu'un,

((Je recevrai les Russ'sà Nice :

(( Y'a sûrement là-d'ssous quelque emprunt,

(( Mâis nous sommes là pour rendr' service ! . . . »

A Nic\ l'amiral Birileflf

Reçut d' Loubet une accolade.

Un discours, du veau, d'ia salade

Et repartit content bezefFi

Ah I nous en avons de k chance :

Deux nations nous aiment tout plein !

Y'en aura quatre ou cinq demain, Et peut-être onze Tan prochain :

Cestun* simple affiiir* àt dépense!,..

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