LE RETOUR DE M. DE LUR-SALUCES
: La Fille de M'" Angot {Jadis les Rois, race proscrite).
Waldeck-Rousseau, au Ministère Prenait son café tranquiirment,
Quand, soudain, Lépine, en colcre,
Arrive et lui dit fébril'ment :
« Lur-Saluce a quitté Bruxelles,
c< Â Paris, il est en c' moment,
« Vient-il pour casser notr* vaisselle ?
(c Ou pour se promener simplement?... »
— (( Non, dit Waldeck, je crois comprendre : \ « S'il est à Paris, c'est pour se fair' prendre « £t parc' qu'il espère uniquement « Embêter le Gouvernement!... »
— (( Allons! dit Waldeck à Lépiiie,
(( Causons un peu, mon cher ami,
« Prenez d*abord un peu de âne :
« Cest Monis qui me la fournit! »
Mais Lépine, à cette demande,
Répond : <c Pardon, mon président,
<c On dit qu* c'est d' Teau-d'-vie allemande :
« Cest un purgatif trop puissant!
« Si vous voulez, j'aim* mieux n*pas en prendre « Ce brave Monis aurait dû comprendre
« Q.u'en vendant ce rafraichiss'ment ' (c II emm...bèt'rait ï Gouvernement 1 » ,
— (c A votre aise, mon cher Lépine, « Revenons à Lur-Saluc's, Voyons, (( Nous pourrions bien, je Timagine, (( Sembler n'y pas faire attention !
« Il est rasant, le misérable.
« Qpand on veut V prendre il fout le camp, «c Et quand on voudrait V voir au diable, « Il vient vous dlr^ : « Fichez-moi dMans ! »
« Va falloir encor^ quelle affaire l \
<c Refair* la Haut -Cour et revoir Falliére I
> his,
m Et Bérenger, c'est assommant l I « C (}ue ça rase V Gouvernement! /
(( Comment pourrait-on le séduire?
« J' peux pourtant pas le décorer!
(( peux pas non plus le reconduire « Â la frontiér' : ça f rait gueuler i »
— « Ah, dit Lépine, j'vois tout d'suite « C^ qu'il vous faudrait faire aujourd'hui, « Puisqu'il n'veut plus prendre la fuite, « Waldeck, prencz-la donc pour luil
« Ça Trait plaisir à m'sieur Méline « Qui, je rimagine, qui, je l'imagine,
\ bis.
« N' s'rait pas fâché, en ce moment, « De changer de Gouvernement! »