LE VIEUX CONTRIBUABLE
A M. Ca.llaux, fabricant d'impôts.
Air : Lt vieux mendiant.
J'avais un gros sac plein d'écus , Gagnés dans un petit négoce ; Si, .maintenant, je nen ai plus, Ce n'est pas que j'ai fait la noce.
De mes écus qu'en ai-je fait ?
Qu'en ai-je fait de ma fortune ?
Payé mes impôts : c'est parfait !
Et casquons encor d'une thune !
Depuis que nous avons Tbonlieur De posséder la République, Nous payons tout plus cher qu'ailleur :
C'est le régim' « démacrotique » l
Chaque anné', par nos députés,
— Ils sont tons, bons comme la lune —
Tous nos impôts sont augmentés.
Et casquons encor* d*une thune !
Nous gueulons bien de temps en temps (On gueur toujours beaucoup en France), Mais nous payons tout d'mèm* comptant !...
C'est vrai qu*nous avons un' jouissance :
Cette jouissance énorme n'est Comparable à sûrement aucune :
Nous avons Waldeck et Loubet, A eux deux ils val'nt bien uq' thune !
On impos ra tant nos r'venus Q.ue, bientôt — j'en ai l'espérance — Nous s'rons, n'ayant plus d'écus, nus, Mais Mill'rand sVa dans Topulence.
Puisque jamais nous n'résistons,
Que nous sommes mous comme un' chique,
Nous avons c'que nous méritons 1
Et chantons : « Viv' la République ! »