LE CZAR EN FRANCE
Air : En rn'naut de la Revue.
Pepuis qu* Loubet est roi de France,
Notre ami le Czar Nicolas
Avait brillé, par soa absence,
A nos fêtes, à nos galas.
Uautr' jour, pourtant, il se dccide
Et nous le voyons arriver,
Par un temps plutôt pas splendide,
A Duiikerquc pour débarcjuer.
Sa dame, évidemment, Qui Taime énormément,
Sur le pont, est à côté d'iui.
Et son oncle Alexis le suit ;
' Puis» dans un petit 09411, Mais^ de loi, pas tré$ loin.
Son ministr* des finances, Qai gobe énonnéijiient la Fnmce.
Nicolas deux.
Sa dame, et, avec eux, Son oncle ^és heureux.
Et, tout plein d'aide,
De Witte aussi.
Du fin foi|d dUa Rusçi', Vienn'nt jicclamer ipi
L'armée française.
Air : Berceuse hleuc.
Sur un yacht trcs beau, Voilà Loubet qui s avance.
Son petit bateau Chahute beaucoup, sur Teau;
£t regardant Teau, Lépin làch\.t sa surveillance,
Et mêm' le fricot, * Qu'il avait mangé tantôt.
Air : Joséphine elle est malade.
Il n'est pas seul, car subitement, Un autr^ bateau moins beau s avance :
Cest le bateau du Parlement ; Comme un' coqullF de noix il danse.
Les sénateurs, les députés, Us sont bien là deux cent soixante, Sur le pont, d un' voix défaillante, Murmurent, Tair très embêté : « Sapristi que j'suis malade, ce Sur ce sale caboteur.
« Il nous s*coa* comme un* salade, « £t ça nous fait mal au cœur, ce -:- Sacredié (( Sacredié 1 demaad' Nicolas, « Q.u'est-c'que c est donc qu'ces poivrots-là > » Loubet lui dit : « Votr' Majesté i (( Cest l'Sénat et les députés. »
Air : Ça fait plaisir.
On expédi' la r'vue.
Et bientôt, de nouveau,
Ah ! ah 1 Sur le plancher des veaux, Dans un' piètre tenue, Se r'trouv'nt les sénateurs.
Ah ! ah !
Qui n'ont plus mal au cœur.
Ils ouvrent leur valise.
uiyui^uu L/y GoOgfe
Chansons de h Botté. 227
Poussant an [oyeux soupir, Et peuv'nt changer d'chemise.
Ça leur fait bien plaisir.
Le soir, à CompiégnCi on coucha, Après un diner de gala.
Air : Femme à papa.
Le lend'mâia, poudre d'escampette :
Vers Reims on file à tout' vapeur ; C'est le commenc'ment de la fêle, Pour les soldats pleins de bonheur.
Nicolas voit trent'six chandelles, Quand nos troupiers, tout frémissants, Lui prouvent que, sous leurs flanelles.
Us ont du cœur et beaucoup d'sang.
Au pas d'gymnastique, en avant.
Il voit passer chaqu' régiment;
Ça Tenthousiasme énormément ; Il semble se dir^ : Que c'est beau !
Dans TAlliance, j*crois plutôt Qu^ c'est les Français qui me font le plus beau cadeau I
Air : As-tu vu la casquette.
Et les p*tits troupiers.
Se mir'nt à crier :
<( As-tu vu la casquette russe à Crozier ?... i>
Air : Le bal de r Hôtel de Ville.
L'aprés-midi on le conduit Jusqu'à l'Hôtel de Ville,
Où Monsieur le maire lui dit, ce D*un' façon fort civile :
« Je vois, Citoyen, « Qu' votr' femm' se port' bien.
((. Si qu'on boirait, que diable !
«Ah santé d*Reims,.
. « Et d*ses citoyens!
. ff .Vous t^es bien aimable. ».
Air : La bonne de Saint Antoine,
« Sacredië l a Sacredië 1 demand' Nicolas, (c Qu'est-c'que c'est que ce muffle-là? »
Loubet lui dit : ce Soyons prudent, « C'est un ami de m*sieu MiUVand.
Air : Ousqu*est Saint-Naiaire.
LUend'main, les Parisiens Se dir'nt : (c Cest aujourd'hui Que le Czar, chez nous, vient.
Nous en pinçons pour lui,
Chansons de la Botte.
Nom de nom ! c*qa'on va Tacdamer, Et derriér' lai c'qu'on va crier ; Vivle Czar et viv'la Russie!
Sans savoir pourquoi qu'on le crie. »
D'vant la gar' du Nord, Il .pleuvait trcs fort, Ça nïait rien !
L' Parisien Etait là, cré nom d'un chien !
Et très p4tiemment.
Très consciencieus'menl,
Il attendait le p'tit pèr' Nicolas, Qui pourtant ne venait pas, n'arrivait pas.
Ousqu'est le p'tit père ?
Disaient les badauds, Tendant Tdos, Il sait bien qu'Paris Fespére, Il sait qu*ça nous f ra plaisir, Il va v'nir.
Chansons de la B0$ie. 231
Mais le petit père Ne v'nait pas, hélas !
Nicolas, Gâchant un peu son affaire, A Paris, plein de chagrin, A posé un lapin.
AfR : Dans un grenier quonest bien à vingt ans.
Et pendant c'temps, la Comédie*Française £t rOpéra, dans an cadre épatant, A Nicolas qui la trouvait mauvaise.
Dansaient, jouaient et disaient du Rostand.
A son oncle, qui s'tenait immobile, Nicolas dit : « Ce qu'on se rase ici ! »
Alexis lui répondit : ce Sois tranquille, « La prochain fois j'te méa'rai chez Fursy. »
Am : En revenant d^la Rvue.
Le lendemain c'fot Tapothéose.
ABétheny, nos p^tits sddats Donnèrent le spectacle grandiose De leurs masses à Nicolas, On cria beaucoup : Viv' Tarmée !
On acclama, on acclama.
Puis, quand la fièvre fut calmée, Pour déjeuner, on s'en alla.
Au dessert, on toasta,
On se félicita. On parla dl'AlUance en toastant :
Faut bien en parler d'temps en temps,
D'autant plus qu notre accord
Devient d'plus en plus fort :
De nous, il n'est pas un Qpi n'çouscrive au prochain emprunt.
Nicolas deux Est un allié précieux, il £iat vraiment» Messieurs,
Qu' la Franc' lui plaise,
Pourv'nir ainsi, Du fin fond d'IaRussi', Complimenter ici
L'armée française.