L'AVEU
Bien que tu sois sincère et tendre Et que ta voix Garde la sourde mélancolie Des longs désespoirs contenus.
Je ne saurais n'aimer que toi.
Bien que tu sois svelte et légère Comme un peuplier de printemps Qui balance dans l'air doré
La joie de sa sève en travail,
Je ne saurais n'aimer que toi.
Bien que tes yeux soient chaque jour
Chargés d'aurores merveilleuses
Et de crépuscules lunaires
Et que leurs couleurs
Fassent d'eux
Suivant ta peine ou ton plaisir
Un arc-en-ciel de sentiments,
Je ne saurais n'aimer qu'eux seulement.
Regarde comme le Soleil
Se mire différemment
Sur les facettes des yeux miroitants
Des plumes d'un paon.
Regarde comme la Lune se plaît
A répandre des feux divers
Sur les étangs jaunes ou verts
Endormis sous de noirs feuillages.
Et tu comprendras qu'il m'est agréable
D'étendre mon rêve
En des yeux divers
Afin qu'il soit fort et vivant
Comme le Soleil,
Mystérieux comme la Lune,
Et que mon âme ait l'allégresse
D'être mêlée à l'Univers.