‹ Chansons de mer et d'outre merChapitre 11 sur 66 · L'AVEU · texte numérisé non relu

L'AVEU

Bien que tu sois sincère et tendre Et que ta voix Garde la sourde mélancolie Des longs désespoirs contenus.

Je ne saurais n'aimer que toi.

Bien que tu sois svelte et légère Comme un peuplier de printemps Qui balance dans l'air doré

La joie de sa sève en travail,

Je ne saurais n'aimer que toi.

Bien que tes yeux soient chaque jour

Chargés d'aurores merveilleuses

Et de crépuscules lunaires

Et que leurs couleurs

Fassent d'eux

Suivant ta peine ou ton plaisir

Un arc-en-ciel de sentiments,

Je ne saurais n'aimer qu'eux seulement.

Regarde comme le Soleil

Se mire différemment

Sur les facettes des yeux miroitants

Des plumes d'un paon.

Regarde comme la Lune se plaît

A répandre des feux divers

Sur les étangs jaunes ou verts

Endormis sous de noirs feuillages.

Et tu comprendras qu'il m'est agréable

D'étendre mon rêve

En des yeux divers

Afin qu'il soit fort et vivant

Comme le Soleil,

Mystérieux comme la Lune,

Et que mon âme ait l'allégresse

D'être mêlée à l'Univers.

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