‹ Chansons de mer et d'outre merChapitre 12 sur 66 · LE QUATRE-MATS · texte numérisé non relu

LE QUATRE-MATS

Un quatre-mâts

Vient de passer

A l'horizon,

Toutes ses voiles pleines de vent.

C'est le premier vaisseau qu'on voit

Depuis presqu'un demi-mois

Qu'on est parti

Et je pensais

Que deux vaisseaux perdus en mer

Se rencontrant

Après une longue solitude,

Se ferait l'un à l'autre

Quelque signe.

Mais le quatre-mâts a passé

Sans s'arrêter.

Et sans un frisson

Dans son pavillon.

L'horizon sous le ciel vert

M'a paru plus profond

Et plus désert.

Et j'ai pensé qu'un jour peut-être

(La solitude nous ayant blasés)

Nous passerons l'un près de l'autre Sans nous parler.

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