LE QUATRE-MATS
Un quatre-mâts
Vient de passer
A l'horizon,
Toutes ses voiles pleines de vent.
C'est le premier vaisseau qu'on voit
Depuis presqu'un demi-mois
Qu'on est parti
Et je pensais
Que deux vaisseaux perdus en mer
Se rencontrant
Après une longue solitude,
Se ferait l'un à l'autre
Quelque signe.
Mais le quatre-mâts a passé
Sans s'arrêter.
Et sans un frisson
Dans son pavillon.
L'horizon sous le ciel vert
M'a paru plus profond
Et plus désert.
Et j'ai pensé qu'un jour peut-être
(La solitude nous ayant blasés)
Nous passerons l'un près de l'autre Sans nous parler.