‹ Chansons de mer et d'outre merChapitre 16 sur 66 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Parfois me revient un air

Qui fut célèbre dans Paris,

Un air de café concert

Ou d'orgue de barbarie

Et soudain,

En rêve je vois,

Par delà les toits

De la ville coloniale,

Le grand jardin baigné de soir,

Le quartier studieux et noir,

Les boulevards ruisselants d'or,

Les théâtres.

Le carrefour de l'Opéra

Où se croisent toutes les races :

Grecs bruns, pâles anglais.

Japonais et américains

Des palais cosmopolitains.

Puis c'est Montmartre, ses tavernes.

Ses cafés de nuit et ses bars

Où des jockeys gringalets

Parlent anglais,

Tandis que quelque " Valse bleue ",

Jouée par un orchestre rouge

De faux tziganes,

Verse un émoi aux courtisanes.

Paris,

Le Paris de la nuit,

Le Tout Paris inutile

Défile

Évoqué par les notes claires

Du vieil air

Qui me serait indifférent

S'il ne gardait comme un relent

Mélancolique

De la grande cité brutale,

De la libre capitale

Toujours vibrante

Des échos d'un noble passé.

De Paris, noir vaisseau de pierre,

Voguant sous les rouges étoiles

Des nuits triomphales de l'art.

Vers l'horizon clair du progrès.

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