AUX ARBRES DE FRANCE
Peupliers élyséens
Lyres vivantes des fleuves.
Platanes gardiens des blanches routes,
Vieux chênes des castels gothiques
Et vous tous, arbres antiques
Pour qui vibre au doux ciel français
La fraîche aubade de l'alouette,
Que de fois je vous ai parlé
De Julite de Fontblanque,
De Julite que mon cœur aima
Au Château des Fleurs et des Bois.
Car que vous fussiez
De Castillon ou d'Aulus
Dans l'Ariège,
De St-Hippolyte en Corrèze
Ou du noble Fontainebleau,
Noirs géants que je saluais
Dans la clairière des forêts,
La chanson de vos verts feuillages
M'apportait le lointain frisson
Et les grands effluves sauvages
Des plus belles heures
De mes plus beaux jours de bonheur.
Mais c'est en vain.
Que sous le ciel américain
Mon cœur veut parler de Julite
Aux palmiers.
Aux magnoliers.
Aux lumineux acacias,
Ces arbres ne la connaissent pas ;
Ces arbres n'ont pas vu comme vous
A la saison des marguerites
Par la fenêtre du Château
Apparaître son visage
Dont la blancheur, au clair de lune,
Faisait monter du paysage
Le cantique de rossignols.