ÉVOCATION DU PRINTEMPS
Mes yeux qu'attristent encor
Le souvenir et le regret
Des horizons d'améthyste
De Toulouse et des couchants d'or
Qui flambent sur ses belles collines,
Mes yeux oublieux
Du frisson de mes jeunes années,
Ne savent plus goûter l'éclat
Du merveilleux soir tropical
Qui fait flotter sa belle écharpe
Aux sept couleurs
Sur le morne aux palmiers en fleurs.
Et tandis qu'au bord d'une source,
Se balancent des filaos
Dans un crépuscule de feu
Et qu'un grand arc-en-ciel au loin
Vient de fondre ses belles gammes
Sur l'écran sombre de la mer,
J'évoque les soirs transparents
Des printemps du Languedoc
Où traînent
Des haleines
De lilas et de tilleuls
Sur les routes où l'on rencontre
De tout jeunes amoureux ;
Ces soirs bleus
Où l'on entend
Par instants
Dans la lumière tendre et dorée
D'un crépuscule délicat
Les chouettes s'appeler
Et se répondre,
A la ronde,
Dans les arbres au bord du fleuve.