‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 11 sur 315 · LE PRINTEMPS ET L’AUTOMNE · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS ET L’AUTOMNE

Aia de Lantara.

Deux saisons règlent toutes choses,

Pour qui sait vi vre en s’amusant :

Au printemps nous devons les roses,

A l’automne un jus bienfaisant.

Les jours croissent, le cœur s’éveille; On fait le vin quand ils sont courts :

Au printemps, adieu la bouteille !

En automne, adieu les amours!

Mieui il vaudrait unir sans doute Ces deux penchants faits pour charmer ; Mais pour ma santé je redoute De trop boire et de trop aimer.

Or, la sagesse me conseille De partager ainsi mes jours :

Au printemps, adieu la bouteille!

En automne, adieu les amours!

Au mois de mai j’ai vu Rosette,

Et mon cœur a subi ses lois.

Que de caprices la coquette M’a fait essuyer en six mois!

Pour lui renare enfin la pareille, J’appelle octobre à mon secours :

Au printemps, adieu la bouteille l En automne, adieu les amours !

DE BÉRÀNGE

Je prends, quitte et reprends Adèle, Sans façon comme sans regrets.

Ai* revoir, un jour, me dit-elle.

Elle revint longtemps après;

J’étais à chanter sous la treille.

Ali ! dis-je, l’année a son cours :

Ail printemps, adieu la bouteille I Eu automne, adieu les amours !

Mais il est une enchanteresse Qui change à son gré mes plaisirs; l)u vin elle excite l’ivresse,

Et maîtrise jusqu’aux désirs.

Tour elle ce n’est pas merveille De troubler l’ordre de mes jours,

Au printemps avec la bouteille,

En automne avec les amours.

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