LE PRINTEMPS ET L’AUTOMNE
Aia de Lantara.
Deux saisons règlent toutes choses,
Pour qui sait vi vre en s’amusant :
Au printemps nous devons les roses,
A l’automne un jus bienfaisant.
Les jours croissent, le cœur s’éveille; On fait le vin quand ils sont courts :
Au printemps, adieu la bouteille !
En automne, adieu les amours!
Mieui il vaudrait unir sans doute Ces deux penchants faits pour charmer ; Mais pour ma santé je redoute De trop boire et de trop aimer.
Or, la sagesse me conseille De partager ainsi mes jours :
Au printemps, adieu la bouteille!
En automne, adieu les amours!
Au mois de mai j’ai vu Rosette,
Et mon cœur a subi ses lois.
Que de caprices la coquette M’a fait essuyer en six mois!
Pour lui renare enfin la pareille, J’appelle octobre à mon secours :
Au printemps, adieu la bouteille l En automne, adieu les amours !
DE BÉRÀNGE
Je prends, quitte et reprends Adèle, Sans façon comme sans regrets.
Ai* revoir, un jour, me dit-elle.
Elle revint longtemps après;
J’étais à chanter sous la treille.
Ali ! dis-je, l’année a son cours :
Ail printemps, adieu la bouteille I Eu automne, adieu les amours !
Mais il est une enchanteresse Qui change à son gré mes plaisirs; l)u vin elle excite l’ivresse,
Et maîtrise jusqu’aux désirs.
Tour elle ce n’est pas merveille De troubler l’ordre de mes jours,
Au printemps avec la bouteille,
En automne avec les amours.