ROSETTE
MUSIQUE 1)E M. DE BEXÜPLAN.
Sans respect pour votre printemps.
Quoi 1 vous me parlez de tendresse,
Quand sous le poids de quarante ans Je vois succomber ma jeunesse I
* 1. 'automne de IfilB fut d’une beauté remarquable : beaucoup d'arbres fruitier» refleurirent, même dau» le nord de 1% France
Je n’eus besoin pour m’enflammer, Jadis, que d’une humble frisette.
Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette !
Votre équipage, tous les jours,
Vous montre en parure brillante.
Rosette, sous de frais atours,
Courait à pied, leste et riante.
Partout ses yeux, pour m’alarmer, Provoquaient l’œillade indiscrète.
Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette 1
Dans le satin de ce boudoir,
Vous souriez à mille glaces.
Rosette n’avait qu’un miroir;
Je le croyais celui des Grâces.
Point de rideaux pour s’enfermer î L’aurore égayait sa couchette.
Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette !
Votre esprit, qui brille éclairé, Inspirerait plus d’une lyre.
Sans honte je vous l’avoùrai :
Rosette à peine savait lire.
Ne pouvait-elle s’exprimer,
L'amour lui servait d’interprète.
Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette?
Elle avait moins d’attraits que vous; Même elle avait un cœur moins tendre.
Oui, ses yeux se tournaient moins doux Vers l’amant heureux de l’eutendre.
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Mais elle avait, pour me charmer, Ma jeunesse que je regrette.
Ah ! que ne puis-je vous aimer Comme autrefois j’aimais Rosette !