‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 136 sur 315 · CHANSON CHANTÉE A LIANCOURT POUR LA FÊTE · texte numérisé non relu

CHANSON CHANTÉE A LIANCOURT POUR LA FÊTE

DONNÉE PAR M. LE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD EN RÉJOUISSANCE DE L’ÉTACUATION DU TERRITOIRE FRANÇAIS AU MOIS D'OCTOBRE 1818.

Ain du Dieu de* bonnes gens.

J’ai vu la Paix descendre sur la terre, Semant de l’or, des fleurs et. dës épis ; L’air était calme, et du diéu de la gtierre Elle étouffait les foudres assoupis.

« Ali! disait-elle, égaux par la vaillance,

« Français, Anglais, Belge, Russe ou Germain,

* Fcuples, formez une sainte alliance,

« Et donnez-vous la main.

« Pauvres mortels, tant de haine vous lasse;

•* Vous ne goûtez qu’un pénible sommeil.

« D’un globe étroit divisez mieux l’espace ;

" Chacun de vous aura place au soleil.

« Tous attelés au char ae la puissance,

« Du vrai bonheur vous quittez le chemin.

« Peuples, formez une sainte alliance,

« Et donnez-vous la main.

« Chez vos voisins vous portez l’incendie ;

« L’aquilon souffle, et vos toits sout bridés ;

« Et, quand la terre est enfin refroidie,

*• Le soc lauguit sous des bras mutilés.

« Près de la borne où chaque Etat commence,

* Aucun épi n’est pur de saug humain.

» Peuples, formez une sainte alliance,

**Et donnez-vous la main.

* Des potentats, dans vos cités en flamme,

« Osent, du bout de leur sceptre insoleut,

» Marquer, compter et recompter les âmes

* Que leur adjuge un triomphe sanglant.

« Faibles troupeaux, vous passez, sans défeuse,

* D’un joug pesant sous un joug inhumain.

* Peuples, formez une sainte alliance,

Et donnez-vous la main.

« Que Mars en vain n’arrête point sa course ;

« Fondez les lois dans vos pays souffrants;

* De votre sang ne livrez plus la source

« Aux rois ingrats, aux vastes conquérants.

« Des astres faux conjurez l’influence ;

« EiFtoi d’un jour, ils pâliront demain.

« Peuples, formez une sainte alliance, u Et donnez-vous la main.

« Oui, libre enfin, que le monde respire ;

« Sur le passé jetez un voile éoais.

<t Semez vos champs aux accords de la lyi e ; «» L’encens des arts doit brûler pour la paix, •i L’espoir riant, au sein de l’abondance,

• Accueillera les doux fruits de l’hymen.

« Peuples, formez une sainte alliance,

« Et donnez-vous la main. »

Ainsi parlait cette vierge adorée,

Et plus d’un roi répétait ses discours, domine au printemps la terre était parce ; L’automne en fleurs rapnelait les amours*-. Pour l’étranger, coulez, bons vins de France, De sa frontière il reorenu la chemin.

Peuples, formons une sainte alliance,

Et donnons-nous la main.

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