‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 145 sur 315 · SUR LES HOUVELLES LOIS D'EXCEPTION · texte numérisé non relu

SUR LES HOUVELLES LOIS D'EXCEPTION

Mars 4820.

/.i* <!u Petit Mut pour rire.

Quoi ! pas un seul petit couplet î Chansonnier, dis-nous donc quel est Le mal qui te consume. ,

— Amis, il pleut, il pleut des lois ; L’air est malsain, j’en perds la voix.

Amis, c’est là,

Oui, c’est cela.

C’est cela qui m'enrhume.

DE B E H A N G El'..

Chansonnier, quand vient le printemps,

Les oiseaux, plus gais, plus contents,

De chanter ont coutume.

— Oui, mais j’aperçois des réseaux .

En cage on mettra les oiseaux.

Amis, c’est là,

Oui, c’est cela,

C’est cela qui m’enrhume.

La Chambre regorge d’intrus:

Peins-nous l’un de ces bas ventrus Aux dîners qu’il écume.

— Non, car ces gens, si gras du bec.

Votent l’eau claire et le pain sec *.

Amis, c’est là,

Oui, c’est cela.

C’est cela qui m’enrhume.

Pour nos pairs fais des vers flatteurs,

Des Français ce sont les tuteurs :

Qu’à leur nez l’encens fume.

— Non, car ils ont mis de moitié

Leurs pupilles à la Pitié.

Amis, c’est là,

Oui, c'est cela,

C’est cela qui m’enrhume.

Peins donc Séguier i’anodin :

Peins-nous surtout Pasquier-Dandin,

Si fort quand il résume.

— Non : Cicéron m’a convaincu ;

* M< <»i 'nrs du centre voulurent .ju’on laissât aux ministrr» I» droit de régler la nourriture des perso nu.-, arrêter* connu? tus preux.

Pasquier dirait : Jl a vécu *.

Amis, c’est là,

Oui, c’est cela,

C’est cela qui m’enrhume.

Mais la Charte encor nous défend ; Du roi c’est l’immortel enfant :

Il l’aime, on le présume.

• «•••♦••••• Amis, c’est là,

Oui, c’est cela,

C’est cela qui m’enrhume.

Qu’ai-je dit? et que de dangers!

Le ministre des étrangers,

Dandiu, taille sa plume.

Qn va m’arrêter sans procès :

Le vaudeville est né français.

Amis, c’est là,

Oui, c’est cela,

C’est cela qui m’enrhume.

* Allusion à une citation snns doute fort heureuse, mois peu rassurante, que s'est permise uu ministre..

** On ne croit pas devoir rétablir ici les «leur vers dont l’imprimeur exigea la suppression en 1821. L’autrur ne consentit a cette suppression que parce qu’il pressentit les interprétations mali;ues auxquelles elle donnerait lieu. Aussi Marchangv tonna-t-il contre en deux lignes de noin:s. Des points poursuivis en justice! Il iaut les conserver d autant p'ui, que les deux vers supprimés ne seraient auprès qu'une bien froide épigrammc.

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