‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 163 sur 315 · LA MESSE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

LA MESSE DU SAINT-ESPRIT

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l’ouverture des chambres.

Ajh de la Cotlaqiii.

Hier monseigneur, le front ceint I)e sa mitre épiscopale,

En ces mots à TEsprit-Saiut Parlait daus sa cathédrale :

« Tant de bons nobles devenus « Députés du peuple, au peuple inconnus,

« Dans notre chambre septennale,

« N’ont que tes clartés pour guider leurs pas: « Saint-Esprit, descends, descends jusqu’en nas « — Non,ditrÉsprit-Saint,je ne descends pas.»

« Qu’est ceci ? » dit d’un ton dur Une excellence bretonne.

« Pour ses papiers, à coup sûr *

« Le tourniquet le chiffonne « Parlons-lui, quoique en vérité « L’Esprit soit de trop dans la Trinité ;

« Viens voir à quoi la Charte est bonne.

« De ce lourd carrosse on fait un en-cas. u Saint-Esprit, descends, descends j usqu’en bas. « — Non, dit l’Esprit-Saint, je ne descend pas. »

Un financier vient : « Sandis *** !

o Dit-il, nous prends-tu pour d'autres?

* f.'orliiêrc.

** (Jn &c rappelle i’aclion du Uiuri.iquct Saint- Jean sur le» clcctijns de l’ar;».

*“ Vilêje,

« Pour gagner le paradis,

« J’ai dore mes patenôtres.

« Tremble de perdre ton emploi :

« J’ai séduit des gens plus huppés mie toi.

« J’ouvre un emprunt : viens, sois des nôtres; « De notre embonpoint nos amis sont gras.

« Saint-Esprit, descends, descends jusqu’en bas. « — Non, ait l’Esprit-Saiut,je ne descends pas.»

Un magistrat crie aussi :

« Oses-tu te faire attendre?

« Ma Thémis a, Dieu merci,

« De bons jurés à revendre.

« Chaque juge est un homme à moi,

« Qui jette en passant sa carte chez toi. a Crains de voir jusqu’où peut s’étendre ' « La main de justice au Dout de mou bras.

« Saint-Esprit, descends, descends jusqu’en bas. « — Non, dit V Esprit-Saint, je ne descends pas. »

« S’il persiste, il faudra bien,

« Dit Frayssinous, qu’on s’en passe.

« D’ailleurs, la cour, pour soutien,

« Préfère en tout saint Ignace.

« Montrouge a miné tout Paris;

« La Sorbouue aussi sort de ses débris.

« La jeunesse est dans notre nasse,

« Et les hausse-cols font place aux rabats.

« Saint-Esprit, descends, descends jusqu’en bas. « — Non,am’Ésprit-Saint,jene descends pas. »

a Mais voudrais-tu t’expliquer?

« — Oui, bateleurs en goguettes,

« Je vous ai vus fabriquer « Vos quatre cents marionnettes.

« Quoi ! vous osez tout pervertir,

« Corrompre, effrayer, ülouter, mentir !

« Et dans vos discours à roulettes...

c — Paix, dit l’archevêque, ou crains nos prélats. « Saint-Esprit, descends, descends jusqu en bas. c — Non, ait l’Esprit-Saiut, je ne descends pas. »

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