‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 164 sur 315 · SUR SON LICENCIEMENT PAR CHARLES X · texte numérisé non relu

SUR SON LICENCIEMENT PAR CHARLES X

Ain; Halte-là S

Pour tout Paris quel outrage î Amis, nous v’ià licenciés.

Est- ce parc’ que not’ courage Brilla contre leurs alliés? (bis.)

C’est quelqu* noir projet qui perce.

Morbleu ! pour nous prêter s’eours,

Il faut qu’ chacun d’ nous s’exerce.

Du inèni’ pied partons toujours.

N’ cessons pas,

Chers amis, d’marcher au pas.

Moitié d’ la gard’ nationale S’ composait d’anciens soldats;

Des braves d’ la gard' royale Aussi faisions-nous grand cas.

Sans 1’ ministère, nul doute Qu’on eût pu nous voir quelqu’ jour, Dans not’ verre, eux hoir la goutte, Nous, marcher à leur tambour.

N’ cessons pas,

Chers amis, d’ marcher au pas.

Nos voix ont paru sinistres ;

D’ nouveau pourtant il faudra

Crier : A bas les ministres,

Les jésuit’s, et cetera.

Pour son argent V crois qu’ la foule A bien Y droit dv former un vœu ; N’est-c’ que quand la maison croule Qu’on permet d’ crier au feu?

N’ cessous pas,

Chers amis, d’ marcher au pas.

Au lieu d’ monter à la Chambre, Nous aurions bien dû, je 1’ sens, Iles injur’s de plus d’un membre P’mander raison aux trois cents.

La Charte qu’on y tiraille Est leur rempart; mais, au fond, On peut franchir c’te muraille Par les brèches qu’ils y font,.

N’ cessons pas,

Chers amis, d' marcher au pas.

Au château fair’ le service Sans cartouch’ pour se garder;

En voir donner à chaqu’ Suisse,

Eu arrièr’ ça fait r’ garder.

Qui rétrograde se blouse;

Gens d’ la cour, sauf vot’ respect, Vous risquez quatre-vingt-douze Pour ravoir quatre-vingt-sept.

N’ cessons pas,

Chers amis, d’ marcher au pas.

Puisque Montroug’ nous menace,

Et rêv* quelqu’ Saiut-Barthél’my, Préparons-nous, quoi qu’on fasse,

A repousser l’ennemi. (bis.) Quand vers un’ perte certaine

L’ navire est conduit foll’ment, En dépit du capitaine Faut sauver le Bâtiment.

N’ cessons pas,

Chers amis, d’ marcher au pas.

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