‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 166 sur 315 · DF, DEUX OU TROIS MARIS · texte numérisé non relu

DF, DEUX OU TROIS MARIS

Am Eh ! gai, gai, gai, mon officier.

Eh! gai, gai, gai, de profundis!

Ma Ternrne A rendu l’àme.

Eli! gai, gai, gai, de profundis!

Qu’elle aille en paradis.

A cette «âme si chère Le paradis convieut :

Car, suivant ma grand’mère,

De l’enfer on revient.

Eh! gai, gai, gai, de profundis !

Ma femme A rendu l’âme.

Eh! gai, gai, gai, de profundis !

Qu’elle aille en paradis.

Hélas ! le ciel lui-même Avait tissu nos nœuds :

Mon bonheur fut extrême...

Pendant un jour ou deux.

Eh! gai, gai, gai, de profundis !

Ma femme A rendu l’àme.

Eh! gai, gai, gai, de profundis!

Qu’elle aille en paradis.

Quoiqu’il fût impossible D'avoir l’air plus malin,

Elle était trop sensible...

Si j’en crois mon voisin.

Eh-’ gai, gai, gai, de profundis !

Ma femme A rendu l’àme.

Eh! gai, gai, gai, de profundis !

Qu elle aille en paradis.

Non, jamais tourterelle N’aima plus tendrement :

Comme elle était fidèle...

A sou dernier amant!

EU! gai, gai, gai, de profundis l Ma femme A rendu l’âme.

Eh ! gai, gai, gai, de profundis l Qu’elle aille en paradis.

Dieux ! faut-il lui survivre?

Me faut-il la pleurer?

Nou, non, je veux la suivre...

Pour la voir enterrer.

EU J gai, gai, gai, de profundis !

Ma femme A rendu l’âme.

Eh ! gai, gai, gai, de profundis!

Qu elle aille en paradis.

ti

PRÉFACE

Am (lu rauiloTillc ilç l’rcvillc et Taconnet.

Allez, enfants nés sous un autre règne;

Sous celui-ci quittez le coin du feu.

Adieu : partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.

On m’a crié : L’occasion est bonne;

Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne le repos.

Pour vos aînés que de pas et d’alarmes!

J’ai vil Thémis m’ôter mon plus doux bien : Car en prison le sommeil est sans charmes ; Près du malheur on ne dort jamais bien. J’entends encor le verrou qui résonne,

Et dans ma main fait trem nier mes pipeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne î Mon médecin m’ordonne le repos.

Si l’on disait : La gaîté vous délaisse,

Vous répondrez (et pour moi j’en rougis) :

De notre père accusant la faiblesse,

Les plus joyeux sont restés au logis.

Ces égrillards iraient, d’humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts.

Allez, enfants; mais m’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne lç repos.

Vous passerez près d’une ruche pleine, D'abeilles, non, mais de guêpes, je crois.

Ne soufflez mot, retenez votre haleine :

* Celle chanson est en lele du vulutnc | ul>!i<! en 1825.

Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois 4 1 Le dard caché qu’à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers, des troupeaux.

Allez, enfants; mais n’éveillez personne ;

Mon médecin m’ordonne le repos.

Petits Toucets de Sa littérature,

S’il vient un ogre, évitez bien sa dent;

Ou, s il s’endort, dérobez sa chaussure r De s’en servir en peut juger prudent.

Aon : qu’ai-je dit? Ah ! la peur déraisonne; tous les paitis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne :

Mon médecin m’ordonne le repos.

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