DF, DEUX OU TROIS MARIS
Am Eh ! gai, gai, gai, mon officier.
Eh! gai, gai, gai, de profundis!
Ma Ternrne A rendu l’àme.
Eli! gai, gai, gai, de profundis!
Qu’elle aille en paradis.
A cette «âme si chère Le paradis convieut :
Car, suivant ma grand’mère,
De l’enfer on revient.
Eh! gai, gai, gai, de profundis !
Ma femme A rendu l’âme.
Eh! gai, gai, gai, de profundis !
Qu’elle aille en paradis.
Hélas ! le ciel lui-même Avait tissu nos nœuds :
Mon bonheur fut extrême...
Pendant un jour ou deux.
Eh! gai, gai, gai, de profundis !
Ma femme A rendu l’àme.
Eh! gai, gai, gai, de profundis!
Qu’elle aille en paradis.
Quoiqu’il fût impossible D'avoir l’air plus malin,
Elle était trop sensible...
Si j’en crois mon voisin.
Eh-’ gai, gai, gai, de profundis !
Ma femme A rendu l’àme.
Eh! gai, gai, gai, de profundis !
Qu elle aille en paradis.
Non, jamais tourterelle N’aima plus tendrement :
Comme elle était fidèle...
A sou dernier amant!
EU! gai, gai, gai, de profundis l Ma femme A rendu l’âme.
Eh ! gai, gai, gai, de profundis l Qu’elle aille en paradis.
Dieux ! faut-il lui survivre?
Me faut-il la pleurer?
Nou, non, je veux la suivre...
Pour la voir enterrer.
EU J gai, gai, gai, de profundis !
Ma femme A rendu l’âme.
Eh ! gai, gai, gai, de profundis!
Qu elle aille en paradis.
ti
PRÉFACE
Am (lu rauiloTillc ilç l’rcvillc et Taconnet.
Allez, enfants nés sous un autre règne;
Sous celui-ci quittez le coin du feu.
Adieu : partez, bien que pour vous je craigne Certaines gens qui pardonnent trop peu.
On m’a crié : L’occasion est bonne;
Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.
Pour vos aînés que de pas et d’alarmes!
J’ai vil Thémis m’ôter mon plus doux bien : Car en prison le sommeil est sans charmes ; Près du malheur on ne dort jamais bien. J’entends encor le verrou qui résonne,
Et dans ma main fait trem nier mes pipeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne î Mon médecin m’ordonne le repos.
Si l’on disait : La gaîté vous délaisse,
Vous répondrez (et pour moi j’en rougis) :
De notre père accusant la faiblesse,
Les plus joyeux sont restés au logis.
Ces égrillards iraient, d’humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts.
Allez, enfants; mais m’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne lç repos.
Vous passerez près d’une ruche pleine, D'abeilles, non, mais de guêpes, je crois.
Ne soufflez mot, retenez votre haleine :
* Celle chanson est en lele du vulutnc | ul>!i<! en 1825.
Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois 4 1 Le dard caché qu’à ces guêpes Dieu donne A fait périr des bergers, des troupeaux.
Allez, enfants; mais n’éveillez personne ;
Mon médecin m’ordonne le repos.
Petits Toucets de Sa littérature,
S’il vient un ogre, évitez bien sa dent;
Ou, s il s’endort, dérobez sa chaussure r De s’en servir en peut juger prudent.
Aon : qu’ai-je dit? Ah ! la peur déraisonne; tous les paitis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.