‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 167 sur 315 · CHANSON FAITE · texte numérisé non relu

CHANSON FAITE

A l’occasion des premières poursuites judiciaires exercées contre moi pour la pudlication de mon recueil.

Am ; Jlaltc-là !

Quittez la lyre, 0 ma Muse!

ht déchiffrez ce mandat.

Vous voyez qu’on vous accuse De plusieurs crimes d’Etat.

Tour un interrogatoire Au Palais comparaissons.

* naru plu* «Cnn TilW, un croit encore qnc Ire .beîîlre an ietteut ,ur cciu qu« profèrent de* juron» .nprv* de la ruche.

Plus de chansons pour la gloire I Pour l’amour plus de chansons .

Suivez-moi !

C’est la loi ;

Suivez-moi, de par le roi !

Nous marchons, et je découvre L’asile des souverains.

Muse, la Fronde en ce Louvre Vit pénétrer ses refrains \

Au Qui rive ? d’ordonnance,

Alors, prompte à s’avancer,

La chanson répondait *. b rance .

Les gardes laissaient passer.

Suivez-moi \

C’est la loi ;

Suivez-moi, de par le roi !

La justice nous appelle De l'autre côté de l’eau.

Voici la Sainte-Chapelle Où l’on pria pour Boileau •

S’il renaissait, ce grand maître,

Le clergé remis en train,

En prison ferait peut-être Fourrer l’auteur du Lutrin.

Suivez-moi !

C’est la loi ;

Suivez-moi, de par le roi .

Là, devant ce péristyle.

Un tribunal impuissant

» Jamais plus de chansons ne furent lancée, de P?* ■£* ^ tre qu'a l'époque de la Fronde ; et Biol cl Mariât, chansonnier, du temps, ne furent l’objet d’aucune poursuite.

•* On .ait que Boileau fut enterré dans 1 église située »ou\ Sainte -Chapelle, où l’on voyait le (an.cus lutrin <|iu inspira l’un des ouvrages les plus parfaiis de notre langue.

Au bûcher livra Y Entité*, Phénix toujours renaissant.

Muse, de vos chansonnettes Aujourd’hui l’on va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher.

Suivez-moi !

C’est la loi ;

Suivez-moi, de par le roi !

Muse, voici la grand’salle...

Eh quoi! vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale, Par vous piqués trop souvent !

Revenez donc, pauvre sotte, Voir prendre à vos ennemis, Pour peser une marotte,

Les balances de Thémis.

Suivez-moi !

C’est la loi ;

Suivez-moi, de par le roi!

Elle fuit; et chez le juge J’entre, et puis enfin je sors.

Mais devinez quel refuge Ma Muse avait pris alors :

Gaiment avec la grisette D’un président, bon humain, Cette folle, à la buvette, Répétait, le verre eu main :

Suivez-moi !

C’est la loi;

Suivez-moi, de par le roi!

* On sait également que, par arrêt du parlement, I’Émili fut l>rt\1c par 1a main du buurreau, et son auteur décrété de pri*o de rorpi.

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