‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 175 sur 315 · L’ÉPITAPHE DE MA MUSE · texte numérisé non relu

L’ÉPITAPHE DE MA MUSE

Sain le-Pélaple.

Am ; Ciiuon chez madame de Sévigné.

Venez tous, passants, venez lire L’épitaphe que je me fais.

J ai chanté 1 amoureux délire,

Le vin, la France et ses hauts faits.

J ai plaint les peuples qu’on abuse;

J ai chansonné les gens du roi ;

toJuTu’L?' PüU<IUCTillc. Grec» ont encore en vcncratiou

Béranger m’appelait sa muse. ■ (bis.) Pauvres pécheurs, priez pour moi ! . (bis.) Priez pour moi, priez pour moil

Grâce à moi, qu’il rendit moins folle, D’être gueux il se consolait,

Lui qui des muses de l’école N’avait jamais sucé le lait.

Il grelottait dans sa coquille Quand d’un luth je lui ns l'octroi.

De fleurs j’ai garni sa mantille.

Pauvres pécheurs, priez pour moi!

Priez pour moi, priez pour moi !

Je l’ai rendu cher au courage,

Dont il adoucit le malheur.

En amour il fut mon ouvrage;

J’ai pipé pour cet oiseleur.

A lui plus d’un cœur vint se rendre ; Mais, les oiseaux en feront foi,

J’ai fourni la glu pour les prendre.

Pauvres pécheurs, priez pour moi.!

Priez pour moi, priez pour moi !

Un serpent... (Dieu! ce mot rappelle Marcbaugy, qui rampa vingt ans ! )

Un serpent qui fait peau nouvelle Dès que brille un nouveau printemps, Fond sur nous, triomphe et nous livre Aux fers dont on pare la loi.

Sans liberté je ne peux vivre.

Pauvres pécheurs, priez pour moi ’

Priez pour moi, priez pour moi !

Malgré l’éloquence sublime De Dupin, qui pour nous parla,

N’ayant pu mordre sur la lime,

Le hideux serpent l’avala.

Or je trépasse, et, mieux instruite,

Je vois l’enfer avec effroi :

Hier Satan s'est fait jésuite, (bis.} Pauvres pécheurs, priez pour moi ! (bis.) Priez pour moi, priez pour moi !

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