‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 191 sur 315 · IMITÉ D’UN ANCIEN FABLIAU · texte numérisé non relu

IMITÉ D’UN ANCIEN FABLIAU

Air: Ah! daignez m’épargner le reste.

« Sire, de grâce, écoutez-moil »

(Le prince courait chez sa dame.)

■i Sire, vous êtes un grand roi,

« Daignez me venger de ma femme. »

Le roi dit: « Qu’on tienne éloigné « Ce fou qui m’arrête au passage.

« — Ah ! sire, vous avez signé n Mon contrat de mariage. »

Ces mots font sourire le roi.

« Gardes, je défends qu’on l’assomme.

K Vilain, dit-il, explique-toi.

« — Sire, j’ai fait le gentilhomme.

« J’acquis d’un argent bien gagné » Château, blason, titre, équipage ;

" Et, sire, vous avez signé « Mon contrat de mariage.

« J’ai pris femme noble aux dont yeuv,

» Aux mains blanches, au cou de cygne.

« Son père a dit : « Par mes aïeux !

« Mon gendre, il faut que le roi signe, n

« Votre nom fut accompagné » D’un pâté de mauvais présage,

« Sire, quand vous avez signé « Mon contrat de mariage.

ii J’étais en habit de gala^

« Sire; et, pour abréger l’histoire,

« Rappelez-vous que ce jour-là « Un beau page tint l’écritoire.

« Ma femme ici l'avait lorgné.

•i IJier je l’ai surpris... Quel outrage « Pour vous dont la plume a signé « Mon contrat de mariage ! »

Lé roi dit : « Je n’ai qualité ii Que pour guérir les écrouelles.

. Un diable, cornard effronté, i Vilains, ici guette vos belles.

« Sur les rois même il a régné,

« Et met un sceau de vasselage . A. tous les gens dont j’ai signé « Le contrat de mariage. »

Le livre où i’ai puisé ceci Ajoute que l'époux morose Faillit mourir de noir souci,

Et que d’un dicton il fut cause :

Dès qu’un mari peu résigné Prêtait à rire au voisinage :

Le roi, disait-on, a signé Son contrat de mariage.

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