VILLE OU J’AI PASSÉ CNE PARTIE DE MA JEUNESSE. DE 1790 A
Am do la ronde des Comédiens.
Lieux où jadis m’a bercé l’Espérance,
Je vous revois à plus de cinquante ans.
On rajeunit aux^ souvenirs d’enfance,
Comme ou renaît au souffle du printemps.
Salut à vous, amis de mon jeune âge !
Salut, parents que mon amour bénit !
Grâce à vos soins, ici, pendant l'orage,
Pauvre oiselet, j’ai pu trouver un nid.
Je veux revoir jusqu’à l’étroite geôle,
Où, près de nièce aux frais et doux appas, Régnait sur nous le vieux maître d’école,
Fier d’enseigner ce qu’il ne savait pas.
J’ai fait ici plus d’un apprentissage,
A la paresse, hélas! toujours enclin;
Mais je me crus des droits au nom de sage. Lorsqu’on m’apprit le métier de Franklin.
C était à l’âge où naît l’amitié franche, tt fleurit un matin plein d’espoir.
Un arbre y croit dont souvent une branche JNous sert d’appui pbur marcher jusqu’au soir.
Lieux où jadis m’a bercé l’Espérance,
Je vous revois à plus de cinquante ans.
On rajeunit aux souvenirs d’enfance,
Gomme on renaît au souffle du printemps.
C’est dans ces murs qu’en des jours de défaites De l’ennemi j’écoutais le canon.
Ici, ma voix, mêlée aux chants des fêtes,
De la patrie a bégayé le nom.
Ame rêveuse, aux ailes de colombe,
De ines sabots, là, j’oubliai le poids.
Du ciel, ici, sur moi la foudre tombe Et m’apprivoise avec celle des rois *.
Contre le sort ma raison s’est armée Sous l’humble toit, et vient aux mêmes lieux Narguer la gloire, inconstante fumée Qui tire aussi des larmes de nos yeux.
Amis, parents, témoins de mon aurore,
Objets d’un culte avec le temps accru.
Oui, mon berceau me semble doux encore Et la berceuse a pourtant disparu.
Lieux où jadis m’a bercé l’Espérance,
Je vous revois à plus de cinquante ans.
On rajeuni^ aux souvenirs d’enfance,
Comme on renaît au souffle du printemps.
• D.ins la chanson du Taim.mh *t t.s F**, fauteur a di'j» eu occasion do dire qu’à l'age de douze ans il fut frappé du tonnerre. Sa vtc fut plusieurs jours en danger, et il faillit pcidro
la tuc.